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Les communiqués de presse

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L’Union pour la Méditerranée (UPM)

Par / 18 juillet 2008

Un échec prévisible pour plusieurs raisons

La conception développée, si l’on se réfère à la déclaration finale, est non seulement celle d’une gestion livrée à un partenariat inégal entre les pays de l’Union européenne et ceux de la rive sud. Mais c’est surtout une inversion des priorités par rapport aux déclarations d’intention du processus de Barcelone d’aboutir à une zone de prospérité partagée en Méditerranée à l’horizon 2010. La question migratoire devient première avec une fuite en avant dans une fermeture toujours plus grande des frontières de l’Europe (UE) accentuant tous les effets pervers. Par ses politiques sécuritaires l’UE a transformé la nature même des migrations, elle a suscité et dopé les migrations irrégulières, elle a décuplé la dangerosité des itinéraires et le nombre de morts . Elle a mis en situation les pays de la rive sud à devenir des auxiliaires de politiques anti migratoires.

En effet, dans la déclaration finale, l’immigration se substitue au développement alors que tout l’intérêt de départ du processus de Barcelone en 1995 était d’avoir fait le lien entre développement économique, lutte contre la pauvreté et sécurité (pas de sécurité sans développement ) . Et c’est parce qu’il s’est rapidement éloigné de cet objectif, au profit d’une politique de libre-échange tous azimuts dans le cadre des logiques libérales, que le processus de Barcelone a connu l’échec. Il est fort à craindre, que l’UPM va creuser encore plus le divorce consacré entre espace économique et espace humain en faisant de la question du contrôle de l’immigration le premier pilier légitimant sa nécessité.

De plus, la question des droits humains si elle n’est pas complètement évacuée dans la mesure ou la déclaration finale fait toujours référence à l’article 2 du processus de Barcelone pose problème. Comment peut-on feindre d’ignorer que la plus part des chefs d’Etat ou de gouvernement invités à rejoindre l’UPM remettent en cause les libertés fondamentales et n’ont bien souvent aucune légitimité démocratique. Pratiquant l’emprisonnement et la torture de leurs opposants , quand ils ne les assassinent pas ! Comme nous l’a rappelé avec raison Moncef Marzouki médecin , opposant Tunisien dans un article : « aurait-on pu envisager l’élargissement de l’Europe à l’Espagne , au Portugal ou encore à la Grèce du temps des dictatures de Franco , Salazar ou des colonels grecs ? ( Libération du 11 juillet ) « Non , la real politick ne peut tout justifier » !

Enfin, l’inertie passée de l’Europe sur le plan politique par rapport à la situation au Proche-Orient ne laisse présager rien de positif. Dans la déclaration finale, le droit des Palestiniens à un Etat n’est même pas mentionné, elle se borne au mieux à soutenir le processus de paix dans le prolongement du sommet d’Annapolis, sans plus !

Pour rassurer ou faire taire les critiques on nous dit que le technique sera privilégié, à défaut du politique et que dans le cadre d’ une nouvelle gouvernance partagée , une nouvelle dynamique sera demain possible grâce à la mise en œuvre de grands projets à forte visibilité comme les autoroutes des mers , la dépollution de la méditerranée , un centre commun de protection civile en matière de sécurité maritime ou d’incendies ou encore un plan solaire ...Comment seront réalisés ces projets alors qu’aucun financement n’est envisagé par l’Union européenne ? On nous dit qu’il faudra trouver des fonds privés en provenance notamment des Etats et des organisations internationales comme la Banque Mondiale. En réalité ce sont les fonds souverains des pays du Golfe qui sont envisagés. Ou sera l’intérêt général pour notre Mare Nostrum ? On peut sans grande imagination répondre que ces fonds souverains chercheront avant tout la rentabilisation la plus rapide de leurs investissements et que c’est rarement compatible avec l’intérêt général ! Je rappelle pour mémoire que l’UE a investi 30 à 40 fois moins par tête d’habitants pour les pays de la rive sud de la méditerranée lors de la dernière décennie que pour les pays de l’Est de l’Europe. Et que ce décalage va se perpétuer dans les 5 ans qui viennent avec 6 fois moins d’argent investi que pour la seule Pologne (11milliards d’euros sous forme de dette pour 60 milliards d’euros).

Telle est la réalité !

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