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Les questions d’actualité

Avec le vote de la loi, le contrôle de l’action du gouvernement est constitutionnellement l’autre grande prérogative du Sénat. Celle-ci s’exerce notamment au travers des questions d’actualités (deux jeudis par mois), des questions orales, avec ou sans débat, et des questions écrites.

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Epidémie du Chikungunya à La Réunion

Par / 19 janvier 2006

Monsieur le Président,
Mesdames, Messieurs les Ministres,
Mes chers collègues,

Ma question s’adresse au Ministre de la santé et des solidarités.
Elle porte sur l’épidémie du Chikungunya qui affecte la Réunion depuis mars 2005.
Transmise par le moustique, tant dans sa phase active que par les séquelles engendrées :

- Impossibilité de se déplacer seul, y compris pour satisfaire aux besoins élémentaires ;
- Pertes de conscience ;
- Trouble de la mémoire et de la personnalité ;
- Violentes douleurs articulaires, etc...

Ces phases aiguës des séquelles peuvent s’étendre sur 2, voire 3 ans. On est loin d’une simple grippe.
Ni vaccin, ni remède spécifique ne permettent de combattre cette virose.

Les moyens de lutte dont dispose actuellement la Réunion sont mobilisés vers la destruction des moustiques porteurs, et vers la sensibilisation.
Au terme de 10 mois de lutte, ces moyens n’ont pas permis de juguler l’épidémie. Celle-ci ne cesse de s’étendre : près de 8.000 cas recensés à ce jour et plus de 40.000 selon les praticiens.

Une réévaluation de l’ampleur de l’épidémie avec l’ensemble des acteurs menant la lutte est indispensable.

A la gravité de cette situation sanitaire vont s’ajouter bientôt les conséquences économiques pénalisantes. La part des arrêts maladies dus au Chikungunya est passée de 5% à 22% entre la fin novembre 2005 et le 15 janvier 2006.
L’augmentation des cas de contamination (de 200 à plus de 1.000 cas par semaine) est postérieure aux mesures mises en place par les pouvoirs publics.
Il faut donc des mesures exceptionnelles privilégiant la lutte biologique si l’on veut écarter d’autres risques sanitaires et environnementaux.

Dans les années 50, la Réunion a su triompher du paludisme. Elle doit pouvoir aujourd’hui triompher du Chikungunya. Cela suppose une mobilisation maximum aussi bien du Gouvernement, des pouvoirs publics, des acteurs sanitaires, des collectivités locales et de l’ensemble des Réunionnais.
Quelle impulsion nouvelle, immédiate et concrète, à la hauteur de ce défi, le Gouvernement entend-il donner pour entraîner cette mobilisation générale ?

Quelle stratégie durable le Gouvernement entend-il mettre en oeuvre pour placer la Réunion dans les conditions les plus favorables pour faire face à ce type de crise sanitaire ?

M. Xavier BERTRAND, ministre de la Santé et des Solidarités.

Effectivement, il s’agit d’un enjeu majeur pour la santé publique. Le gouvernement connaît l’inquiétude ressentie par les populations de la Réunion. Avec M. Baroin, nous nous sommes mobilisés très tôt, de même que l’ensemble des parlementaires. Comme vous, Mme Fayet nous a saisi de la situation.

Nous voulons agir de façon réactive et transparente. C’est pourquoi le préfet de la Réunion fait chaque semaine le point de la situation, des actions engagées et de ce qu’il convient de faire. Au total, 7 200 cas ont été recensés, dont 1 600 la semaine dernière. L’émotion décrite est donc à la hauteur de la crise sanitaire majeure qui frappe la Réunion. Nous sommes très attentifs à l’étude clinique des cas. Vous avez raison : la question n’est pas le financement.

Initialement 52 000 euros ont été engagés. Très vite, nous sommes allés au-delà. Aujourd’hui 600 000 euros sont consacrés à cette lutte. S’il le faut, nous en dépenserons plus. Mais il faut aussi des moyens humains : 10 équipes de 20 à 30 personnes interviennent aujourd’hui sur le terrain. Un recrutement spécifique a été organisé par la DDASS, le régiment de service militaire adapté ainsi que les collectivités territoriales. Combattre cette épidémie est l’affaire de tous !

Chacun doit agir pour favoriser un retour à une situation sanitaire normale. Mais il ne faut pas oublier la communication. Je pense notamment aux moyens de protection individuels et à la nécessité de vider les bacs à eau pour détruire les moustiques. Vous le constatez : notre action pragmatique est à la hauteur des problèmes de santé publique !

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