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Désaffection des concours de recrutement des enseignants

Question écrite au Ministre de l’Education nationale et de la jeunesse -

Par / 30 mai 2022

Question écrite publiée au Journal Officiel le 26 mai 2022

M. Éric Bocquet interroge M. le ministre de l’éducation nationale et de la jeunesse sur la désaffection pour les concours de recrutement des enseignants.

En effet, il apparaît que le nombre de candidats se présentant aux concours connaît une baisse continue très inquiétante. Cette situation n’est pas nouvelle et tend à s’aggraver d’année en année. Il est d’ailleurs significatif que le ministère n’ait pas publié cette année 2022, et ce pour la première fois, le nombre des inscrits aux différents concours de recrutement.

Ce manque de transparence laisse penser que la situation est extrêmement dégradée. Le nombre des admissibles est quant à lui éloquent ; pour certains concours ils sont moins nombreux que les postes à pourvoir, parfois dans des proportions alarmantes.

Ainsi dans l’académie de Versailles, le concours de recrutement de professeurs des écoles (CRPE) n’a que 484 admissibles alors qu’il y a 1 430 postes à pourvoir ! Et dans l’académie de Créteil, la situation n’est guère meilleure avec 521 admissibles pour 1 079 postes. Même à Paris, seuls 180 candidats sont admissibles pour 219 postes.

Dans le second degré, certains certificats d’aptitude au professorat de l’enseignement du second degré (CAPES) sont en voie de déshérence, avec 816 admissibles pour 1 035 postes ouverts en mathématiques, 83 candidats admissibles en allemand pour 215 postes (177 admissibles en 2021).

Partout, les concours peinent à recruter. Cette situation est le fruit d’une longue dérive qui a visé à supprimer massivement des postes de fonctionnaires, sans égard pour les besoins réels. Les douze années de gel quasi complet des salaires a figé le premier échelon des certifiés à 1 451 euros par mois. Pour mémoire, le SMIC, indexé sur l’inflation, vient de franchir la barre des 1 300 euros. La rémunération au premier échelon est donc équivalente à 1,1 fois le SMIC avec un bac + 5 et la réussite à un concours national.

Dans ces conditions, de nombreux étudiants qui pourraient être attirés par les métiers de l’enseignement préfèrent s’orienter vers des carrières plus lucratives et socialement plus valorisantes.

Aussi, il lui demande quelle politique salariale et sociale il compte mettre en œuvre pour résorber le déficit d’enseignants qui s’accumule depuis des années.

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