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Eviter la privatisation d’une instance publique internationale

Candidature problématique à la présidence d’Interpol -

Par / 21 septembre 2021

Question écrite n° 24506

M. Pierre Laurent attire l’attention de M. le ministre de l’Europe et des affaires étrangères sur la situation d’Interpol. En vue de favoriser leur candidat à la tête de cette institution, les Émirats arabes unis (EAU) se sont engagés à y verser 50 millions d’euros pendant cinq ans, soit la cotisation annuelle d’une centaine d’États. Ces sommes considérables transitent par la fondation Interpol. Depuis 2016 il y eut l’ouverture d’un bureau central à Abou Dabi, l’organisation d’un forum d’Interpol sur la sécurité en 2017, d’une assemblée générale dans la capitale des EAU, et en 2018 la création d’un poste d’« ambassadeur » de la fondation, confié à un émirati. Avec ces dons les EAU, dont la quote-part du budget d’Interpol est seulement de 0,455 %, deviennent ainsi deuxième contributeur après les États-Unis d’Amérique. Il est à noter que le candidat à la présidence d’Interpol que veulent favoriser les EAU est un général émirati, accusé de complicité de torture dans son pays. Le Parlement européen s’est inquiété en septembre 2021 du profil de ce candidat, qui fait objet de plusieurs procédures juridiques. Il lui demande quelle est la position de la France par rapport à cette candidature, qui semble aux yeux de beaucoup inappropriée pour le moins. Plus généralement, il lui demande si lors de la prochaine assemblée générale la France compte lancer une réflexion en vue de financements suffisants pour le fonctionnement de cette institution, avec pour objectif d’éviter la situation actuelle que beaucoup dénoncent comme une tentative de privatisation d’une instance publique internationale.

Réponse de M. le ministre de l’Europe et des affaires étrangères

Publiée le : 28/10/2021, page 6125

Texte de la réponse :

Lors de la 89e session de l’Assemblée générale d’Interpol, qui se tiendra à Istanbul du 23 au 25 novembre 2021, la France participera, en tant qu’État membre, au renouvellement des 13 membres du comité exécutif (dont le président et les deux vice-présidents). La candidature du Major General Dr. Ahmed Nasser Al Raisi à la présidence d’Interpol fait l’objet d’une campagne de promotion active de la part des Émirats arabes unis, à l’image de l’investissement significatif qu’Abou Dabi a consenti au sein de l’organisation de coopération policière au cours des dernières années. Deux autres candidats sont déclarés : M. Adamu A. Mohammed, Inspecteur général de la police du Nigéria et Mme Sarka Havrankova, Directrice de la Coopération internationale de la police tchèque. Le règlement intérieur d’Interpol prévoit que la nomination du président de l’organisation se fait au terme d’un vote à bulletin secret. Cette règle, qui prévaut dans la plupart des organisations internationales, est importante et doit être respectée par tous les États, dont la France. Bien que le président d’Interpol ne joue pas de rôle exécutif dans le fonctionnement quotidien de l’organisation, la France est, en tant qu’État de siège, particulièrement attentive à ce que le candidat qui sera élu par les représentants des 194 États membres présente toutes les garanties de compétence et de moralité. Les accusations d’implication dans des actes de torture ou dans l’incarcération du journaliste Ahmed Mansour ont retenu toute notre attention et paraîtraient, si leur véracité était établie, difficilement conciliables avec l’exercice de la présidence d’une telle organisation. À ce jour, les autorités françaises n’ont pas reçu d’éléments permettant de confirmer ces allégations et sont tenues de prendre en compte la candidature de M. Ahmed Nasser Al Raisi au même titre que celles des autres candidats, avec la considération qu’impose son rôle actuel de représentant des Émirats arabes unis au sein du Comité exécutif d’Interpol.

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