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Stop au pillage des pays africains

Projet du métro d’Abidjan -

Par / 25 novembre 2020

Question écrite n° 19248

M. Pierre Laurent attire l’attention de M. le ministre de l’Europe et des affaires étrangères sur le projet du métro d’Abidjan en Côte d’Ivoire. Plutôt que d’un métro il s’agit d’un projet visant la construction d’une ligne de train urbain reliant le nord au sud de la capitale économique de Côte d’Ivoire utilisant l’ancien chemin de fer Abidjan-Niger.

C’est un projet relativement ancien dont le coût avait été chiffré en 2002 à 100 milliards de francs communauté financière en Afrique (FCFA) par le bureau national d’études techniques et de développement (BNETD) de Côte d’Ivoire avec un ticket passager à 400 FCFA soit dix fois moins que le chiffrage attaché au projet actuel (1044 milliards de FCFA). À ce prix les promoteurs du projet (Bouygues travaux publics, Colas Rail du groupe Bouygues, Alstom et Keolis du groupe SNCF), ont trois solutions possibles pour établir un équilibre financier. À savoir : que l’État ivoirien le finance par un emprunt avec une garantie souveraine ; que la population ivoirienne accepte de payer dix fois plus cher son ticket, ce qui est hors de portée d’une population de plus en plus pauvre ; que l’État ivoirien accepte de subventionner chaque ticket de métro, ce qui serait un gouffre financier.

Dès le 10 octobre 2017 le ministre de l’économie et des finances français précise d’ailleurs que le solde du projet, serait financé par le budget de la République de Côte d’Ivoire. Par conséquent il apparaît que le projet de « métro », dans les conditions financières actuelles, serait une catastrophe pour la Côte d’Ivoire et son peuple et une aubaine pour les seuls actionnaires de multinationales françaises. Il constituerait ce qu’il est convenu d’appeler un « éléphant blanc ». Quant aux 1044 milliards de FCFA prévus pour le métro abidjanais, il est à noter que selon les chiffres du BNETD, c’est près de cinq fois plus qu’il n’en faut pour assainir toute la ville d’Abidjan en vue d’éviter les inondations annuelles en saison des pluies (220 milliards de FCFA) ou autant que le chemin de fer San-Pedro-Man d’une longueur de 660 kilomètres essentiel pour l’exploitation du nickel et du fer et qui est évalué à 1050 milliards de FCFA, pour ne citer que ces exemples !

Pourtant suite au travail d’influence important du gouvernement français, les autorités ivoiriennes ont confirmé en décembre 2019 que le chantier du « métro » serait confié au consortium français précédemment cité. Il n’est cependant pas encore trop tard pour abandonner ce projet puisqu’à ce jour, le contrat pour la construction du métro d’Abidjan n’est pas signé et que les travaux n’ont pas encore commencé comme l’a indiqué le 18 novembre 2020 le porte-parole de Bouygues à l’agence France presse (AFP).

En vue de ne pas prolonger une politique de pillage des pays africains, qui n’a que trop duré, il lui demande par conséquent que le gouvernement français fasse tout ce qui est en son pouvoir pour que ce projet néfaste pour le peuple ivoirien, dans les conditions actuelles de financement, soit abandonné plutôt que de forcer la main à un pouvoir ivoirien affaibli notamment par un manque de légitimité démocratique résultant d’une réélection inconstitutionnelle du Président de la République sortant.

Réponse de M. le ministre de l’Europe et des affaires étrangères
Publiée le : 05/08/2021, page 4863
Texte de la réponse :

Le projet de développement de la ligne 1 du métro d’Abidjan répond à une ambition et à un besoin national de doter la capitale ivoirienne d’un système de transport moderne, parmi les meilleurs au monde, à hauteur du potentiel de développement socio-économique du pays. Il a fait l’objet, en 2013, d’un appel d’offres international piloté par le ministère des transports ivoirien et les agences placées sous sa tutelle. À l’issue du processus de sélection, un groupement d’entreprises franco-coréennes - composé de Bouygues Travaux public, Dongsang Engineering, Hyundai Rotem et Keolis - a été retenu en 2015 et a remis, en 2016, un avant-projet technique aux autorités ivoiriennes. Celles-ci ont alors estimé que la proposition n’avait pas atteint leurs exigences en matière de signalisation, et ont, dans la foulée, exprimé une demande d’appui à la France qui y a répondu favorablement, en mobilisant à la fois ses outils d’appui au développement de projets les plus compétitifs, et des entreprises à l’expertise internationalement reconnue (Alstom et Thalès). Ce projet emblématique de la relation franco-ivoirienne, dont les premiers travaux ont été lancés en novembre 2017 en présence du Président de la République, permettra de transporter plus de 530 000 passagers par jour, de désengorger la métropole ivoirienne, de réduire les émissions de dioxyde de carbone et de créer plus de 2 000 emplois. Le projet offrira par ailleurs une solution de mobilité durable aux habitants les plus modestes d’Abidjan résidant en périphérie de la ville. A ce jour, ces derniers dépensent jusqu’à 30% de leur budget dans des transports en commun souvent informels et vétustes et peuvent y passer jusqu’à 5 heures par jour. Long de 37 kilomètres, il suit un corridor naturel de communication Nord-Sud en desservant 18 stations. Ce métro à ciel ouvert, qui traversera la lagune et des sols instables, nécessitera la construction d’ouvrages de franchissement (24 ponts, 1 viaduc sur la lagune, 34 passerelles piétonnes et 8 passages souterrains). Le matériel roulant choisi est équipé d’un système CBTC (Communication-Based Train Control) de dernière génération, afin d’offrir une sécurité maximale aux passagers. À performance égale, le coût de l’investissement rapporté à la capacité de transport de passagers par kilomètre est ainsi comparable à celui des autres projets déployés dans le monde. Afin de garantir le succès du projet, la France est particulièrement vigilante sur les impacts sociaux et environnementaux conformes aux standards internationaux et dont la mise en œuvre est une obligation contractuelle pour les parties prenantes et évaluée par des experts indépendants. Nous saluons à ce titre les consultations publiques conduites dans le cadre du « Plan d’action et de réinstallation des personnes impactées ». Les travaux lourds débuteront dès la mise à disposition de l’emprise du tracé.

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