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Les rappels au règlement

Procédures définies par le règlement interne du Sénat, les rappels au règlement permettent aux sénateurs d’intervenir à l’ouverture de la séance publique sur un sujet particulier de leur choix, en lien avec l’actualité ou le débat en cours.

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Une solution juste et humaine doit être trouvée en faveur des familles sans-papier expulsées à Cachan

Par / 13 septembre 2006

Mon rappel au règlement concerne la situation inhumaine et indigne d’un pays comme la France dans laquelle l’évacuation brutale du squat de Cachan a plongé ces familles. On a pu voir lors de cette expulsion des scènes d’une violence inouie : un bébé de 2 ans passé d’un CRS à l’autre par dessus un fil barbelé, des femmes avec des bébés dans les bras poussées par les CRS. Cela a suscité une solidarité exceptionnelle à Cachan, dans le département du Val de Marne mais aussi dans toute la France. Des élus, des artistes, des sportifs sont venus se rendre compte sur place de la situation inacceptable de ces enfants, de ces familles. Ils ont été révoltés, écoeurés.

Samedi dernier nous avons défilé côte à côte de la République à St Lazare avec les familles, avec Josiane BALASKO, Emmanuelle BEART, Guy BEDOS, des sportifs, Christian FAVIER, Président du Conseil général du Val de Marne, et de nombreux élus et responsables de partis politiques.

Lilian THURAM invitant 70 personnes au stade de France a redonné tout son sens aux valeurs de solidarité envers ces populations les plus fragilisées.

Le maire de Cachan, M Jean Yves LE BOUILLONNEC, avec beaucoup d’humanité, les a accueillis provisoirement dans le gymnase Belle Image de Cachan. Le Président du Conseil général leur fait livrer quotidiennement des repas. Lorsque je leur ai rendu visite à plusieurs reprises il y avait des télévisions françaises, suisses, belges, les journalistes étaient sous le choc, ils n’imaginaient pas qu’en France cela puisse exister.

Monsieur le Ministre, il faut rapidement mettre fin à cette situation inacceptable. Une proposition a été faite d’accueillir ces familles sur un ancien site du CEA à Limeil Brévannes avec l’accord du maire. Ce terrain appartient pour moitié à la Ville de Paris, l’autre moitié étant en passe de le devenir par l’achat du terrain appartenant au ministère de la défense, il est destiné à une construction pour les pompiers de Paris.

Le Conseil général et la ville de Paris feront les travaux de sécurité établis par M. le Préfet du Val de Marne. Dans ces conditions le Préfet du Val de Marne m’a assurée qu’il ne s’opposerait pas au transfert des familles. Bien entendu, cette situation ne peut être que très provisoire mais elle apportera une amélioration du point de vue sanitaire avec des toilettes mais aussi des douches, une cuisine, car à Cachan et d’autant plus avec la chaleur, il y a un risque de voir apparaître des épidémies. Il faut aussi rendre le gymnase aux élèves de Cachan.

Il faut donc que le Préfet du Val de Marne donne rapidement son accord. Je ne veux pas croire qu’il souhaite le pourrissement.

Il faut ensuite envisager le relogement de toutes ces familles. Des premières propositions ont été faites par le Préfet, la ville de Paris et l’OPAC du Val de Marne, d’autres suivent avec l’organisation d’une table ronde interdépartementale qui pourrait être organisée par le maire de Paris.

Enfin, Monsieur le Ministre, je vous demande de procéder à un examen administratif attentif de la situation de toutes ces familles dont un certain nombre sont parrainées par RESF (Réseau d’Education Sans Frontières). Vous ne pouvez pas ajouter au drame qu’ a été pour eux cette expulsion, un renvoi à la frontière des familles sans papiers profitant de leur situation devenue encore plus précaire. J’ai rendu visite à ces familles la veille de la rentrée scolaire, les mamans et les papas, les enfants m’ont montré avec fierté le cartable prêt pour l’école. Ils parlent français pour la plupart, ils sont intégrés puisqu’un grand nombre d’entre eux travaillent (certains d’ailleurs ont perdu leur emploi depuis l’évacuation).

Monsieur le Ministre, je connais évidemment votre position que je n’approuve pas, vous le savez, sur les sans papiers, mais je vous demande avec émotion et j’ose dire avec espoir que vous adopterez une attitude exceptionnelle et humaine si importante pour l’avenir de ces familles.

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