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Michel Billout accueille à Nangis le 60ème congrès départemental de la CGT

Par / 12 mai 2014

Discours d’accueil prononcé par Michel Billout, lundi 12 mai 2014

Cher(e)s ami(e)s, chers camarades,

Permettez-moi de vous souhaiter la bienvenue à Nangis.

Vous le savez, notre ville possède maintenant une longue tradition d’accueil des initiatives du mouvement social et syndical. J’ai même reçu, pour la première fois, l’année dernière le congrès départemental de la FDSEA ce qui démontre bien qu’il n’y a ici aucun sectarisme.

Il est peut-être vrai que je n’étais peut-être pas le maire attendu au moment où le choix du lieu d’accueil avait été fixé par les agriculteurs.

En revanche, j’avais déjà eu le plaisir de vous accueillir dans cette salle en décembre 2007, pour les travaux de votre 58ème congrès. Le choix majoritaire des électeurs s’étant à nouveau dirigé vers une équipe de gauche pour gérer Nangis, nous voici en situation de vous apporter une nouvelle fois de bonnes conditions de travail pour ce 60ème congrès, du moins je l’espère. Peut-être quand même un petit loupé avec la météo !

Vos travaux se tiennent dans un contexte difficile. Après une déception populaire considérable à l’égard du président Hollande et de son gouvernement. Son nouveau premier ministre a présenté un plan d’austérité exacerbé de 50 milliards de coupes drastiques dans les services publics de l’État, dans les remboursements et les prestations de sécurité sociale ainsi que dans les budgets des collectivités territoriales. Il s’agit simplement de l’un de ces dramatiques plans d’austérité imposés dans toute l’Europe, un de plus, et le plus violent jamais imposé à la France. l’un de ces plans qui, loin de résoudre les problèmes, appauvrissent le pouvoir d’achat des couches populaires, saignent les capacités productives et les ressources, et font finalement exploser la dette et le chômage qu’ils prétendent pourtant réduire.

Les arguments pour le justifier sont ceux portés par le MEDEF depuis des années : la diminution du coût du travail fera baisser le chômage et le « zéro charge » sur le SMIC sera une puissante incitation à l’embauche. Le gouvernement a ainsi justifié les 45 nouveaux milliards d’euros d’allégements fiscaux pour le capital.

Comment croire à l’efficacité d’un plan qui va ôter 11 milliards d’euros aux collectivités locales qui sont pourtant des acteurs décisifs pour relancer les investissements publics nécessaires à la relance industrielle, à la mutation de notre système productif.

Comment soutenir la demande en rognant le pouvoir d’achat de la majorité des Français, déjà largement amputé par la hausse de la TVA et demain plus encore par la réduction drastique de plus de 20 milliards d’euros des moyens de la couverture sociale de l’ensemble de nos concitoyens ?

Les 45 milliards d’euros qui sont aujourd’hui offert au patronat, sans
contreparties, sans aucun nouveau droit de contrôle pour les salariés, sans réduction du pouvoir des actionnaires, sans réforme de justice fiscale, sans moyens de lutte supplémentaires contre la fraude et l’optimisation fiscales, sont censé, cette fois, servir l’emploi ?

Ayons un peu de mémoire : depuis 1992, le coût de ces exonérations s’établit à 250 milliards d’euros ! Et pour quel résultat : un taux de chômage record !

Le CICE, le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi est un bel exemple de ce que je n’hésite pas à dénoncer comme un détournement de fonds publics : dans le secteur du bâtiment, pourtant massivement non délocalisable, le groupe Eiffage, qui ne se porte pas trop mal, va toucher un chèque de 94 millions d’euros de l’État. Autre exemple, dans le secteur de la grande distribution, Carrefour empochera pour sa part un chèque de 125 millions d’euros ! Qui en verra la couleur ? Les salariés ou les actionnaires ?

La nouveauté, c’est que vous et moi, les parlementaires et les syndicats, devront être associés à l’évaluation de ces exonérations "a posteriori". Pourquoi, dans ce cas, ne pas avoir commencé par là, en mettant à plat le contrôle de toutes les aides déjà versées ? Non seulement aucune contrepartie n’est exigée, mais le gouvernement renvoi aux accords de branches d’éventuelles concessions du patronat. Ce point relève, vous en conviendrez, de la tartufferie.

Le Gouvernement impose à la société des sacrifices considérables, une mise à la diète des services publics et des collectivités territoriales, des chèques en blanc massifs, et indique aux salariés que, pour le retour, on verra branche par branche. Quel retour espérer par exemple du « zéro charge » sur le SMIC qui ne permettra pas de créer des emplois en nombre, mais favorisera davantage les politiques de bas salaires et d’emplois précaires ?

De 1992 à 2011, le montant des cotisations sociales exonérées est passé de 1,9 milliards à 31 milliards d’euros alors même que le chômage a récemment atteint 3,3 millions de personnes. Au vu de ces chiffres et du développement de la précarité en France ces dernières années, le résultat en matière de création d’emploi de ces exonérations massives reste à prouver.

Sur ce sujet, mon groupe parlementaire au Senat a proposé et obtenu la mise en place d’une mission commune d’information sur la réalité de l’impact sur l’emploi des exonérations de cotisations sociales accordées aux entreprises. Ses auditions ont commencé début avril.

En ce qui concerne les ménages, nul besoin d’enquête pour savoir que l’impact des mesures sera négatif sur le pouvoir d’achat des familles : le gel du point d’indice dans la fonction publique a été confirmé, alors que les agents n’ont pour l’essentiel que des petits salaires (75 % des fonctionnaires sont de catégorie C), le gel des prestations sociales, tout aussi injuste fragilisera encore un peu plus le financement de la sécurité sociale. Pour les petites retraites, le report d’avril à octobre de leur revalorisation annuelle amputera chaque année leur pouvoir d’achat.

Face à ces attaques contre le monde du travail, je soutiens, comme votre organisation syndicale, la question d’une autre répartition des richesses pour sortir de la crise.

Les chiffres parlent d’eux même : entre 1996 et 2012, les dividendes versées aux actionnaires sont passés de 65 à 230 Milliards d’euros, produit de la productivité et des sacrifices imposés aux salariés ! Autrement dit, 20 % de la valeur ajoutée produite par le travail servent aujourd’hui à rémunérer le capital, une rente de plus en plus conséquente que les salarié(e)s paient en précarité renforcée, en horaires de travail atypiques, en conditions de travail dégradées, en plans sociaux à répétition, en blocage des salaires, en non reconnaissance des qualifications ! Dans le même temps, les ménages ont été mis à contribution en passant de 25 % de part d’impôts et de cotisations en 1978 à 36 % en 2012 !

Alors oui, il faut inverser le processus et mettre les richesses produites par le travail au service de la relance économique qui doit passer par l’augmentation des salaires, des pensions et des minima-sociaux, par le développement de l’industrie et des services publics et le retour d’une protection sociale de haut niveau.

Pour y parvenir, relancer les investissements dans notre industrie, développer les emplois de nos PME, il nous faut sortir du choix cornélien entre un financement par le crédit restant encore trop cher et un financement par les marchés financiers vorace en dividendes. Avec mes collègues parlementaires communistes et du Front de Gauche du Sénat et de l’Assemblée, nous proposons par exemple, l’émission, à partir de la Banque centrale européenne, de titres d’investissement à faible taux d’intérêt destinés au développement des entreprises, afin de répondre à leurs besoins de financement, notamment des PME.

Vous comprendrez que si le parlementaire que je suis ne se résout pas à l’austérité, le maire, employeur, aménageur, investisseur, « amortisseur social », comme on le dit si joliment, la refuse catégoriquement.
Si la réduction des dotations de l’Etat de 11 milliards sur les collectivités sur 3 ans, en plus de celles déjà engagées, devait s’appliquer, cela voudrait dire que la ville de Nangis devrait réduire son budget de plus d’un million d’€ sur 15 millions de budget de fonctionnement alors que les dépenses obligatoires ne cessent d’augmenter.

Cela signifierait le gel des investissements, la réduction de postes voir la fermeture des services.

Une situation que Nangis n’a jamais connu depuis 1977, mis à part les 4 ans et demi de gestion de droite où le nombre de postes a effectivement été réduit.
Ce n’est tout simplement pas possible

A l’inverse de la politique actuelle, il est donc indispensable de conquérir les nouvelles avancées sociales, démocratiques et écologiques nécessaires pour répondre aux besoins humains d’aujourd’hui.

Vous sachant partie prenante de ce combat, je vous souhaite un très bon congrès et des travaux constructifs."

Un dernier mot peut-être : dans moins de deux semaines se dérouleront les élections européennes dont les principales forces politiques ont décidé de minorer le plus possible au risque de permettre à l’extrême droite d’arriver en tête de ce scrutin.

Je connais les efforts que conduit la CGT pour construire un pole syndical européen de résistance aux politiques d’austérité.

Ce serait vraiment dommage que ces efforts ne se voient pas soutenus au Parlement européen pas un groupe de députés résolument de gauche, antilibéraux et anti austérité. Ca va se jouer le 25 mai. Ne l’oublions pas !

Merci de votre attention et encore une fois : bon congrès !

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