Gel du point d’indice des fonctionnaires, 2 milliards d’euros prélevés sur les arrêts maladie, près de 6 milliards demandés aux retraités, gel des APL, recentrage de l’allocation de rentrée scolaire, dépenses des collectivités bridées sous l’inflation : voilà le contenu réel de sa « copie offensive ».
Et le Premier ministre ne s’en cache pas. En revendiquant l’héritage de Pompidou et la compression de « la dépense publique civile ordinaire », il assume une réorientation des missions de l’État, du social vers le régalien. Et lorsque l’État réduit la solidarité, il lui faut désigner celles et ceux qui en seraient désormais exclus. C’est le sens de l’alignement annoncé des droits des étrangers sur les prestations non contributives : l’universalité de notre protection sociale cède ainsi du terrain à la préférence nationale. Nous le combattrons pied à pied : pas une concession au lepénisme !
Face aux crises, protéger et rétablir la justice fiscale
Cette transformation s’accompagne d’une « stabilité fiscale » à sens unique. La surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises passerait de 7,5 à 5 milliards d’euros : plusieurs milliards rendus aux grands groupes au moment même où l’on demande aux Français de se serrer la ceinture et où sont mis au jour 211 milliards d’euros d’aides publiques aux entreprises sans contreparties. Plutôt que de mettre à contribution les profits et les grandes fortunes, le gouvernement choisit donc de faire payer les ménages et les services publics.
Les guerres et le dérèglement climatique bouleversent les équilibres économiques et énergétiques. Ils ne sauraient pour autant servir de justification aux renoncements du gouvernement. Le chef de l’État et le gouvernement ne peuvent nier l’évidence : aucune guerre n’avait lieu au Moyen-Orient lorsqu’ils ont supprimé l’ISF, instauré la flat tax et optimisé l’évasion fiscale ; aucun conflit ne leur impose aujourd’hui de refuser le blocage des prix du carburant et l’encadrement des marges des raffineurs. Les crises internationales n’effacent pas neuf années de choix fiscaux et économiques : elles rendent au contraire plus nécessaire la protection de la population.
Face à la vie chère, les Français ont besoin de protection, pas de nouveaux sacrifices. Face aux crises internationales, la France a besoin d’une diplomatie indépendante, fondée sur le droit international et la recherche de la paix, plutôt que d’errements et d’alignements hasardeux.
Le groupe CRCE-K abordera donc le budget de l’État et de la Sécurité sociale avec quatre exigences :
- justice fiscale ;
- partage des richesses ;
- protection face au coût de la vie ;
- et financement des services publics.
Nous combattrons les mesures qui font payer le prix de l’austérité aux salariés, aux retraités, aux malades, aux locataires et aux collectivités. Et nous mettrons sur la table les recettes nouvelles que le gouvernement refuse d’aller chercher là où se trouvent les richesses.