En un an, les expulsions ont augmenté de 27% ! Pour le groupe CRCE-K, cette explosion est le symbole de l’échec des politiques gouvernementales, alors que le Président Macron promettait en 2017 que plus personne ne serait à la rue.
Si les impayés de loyers sont en hausse, les causes sont connues : des loyers toujours plus élevés face à des salaires trop bas, qui ne suivent pas l’inflation de ces dernières années. Ces impayés conduisent désormais à des expulsions plus systématiques, malgré leur coût social et humain.
La perte d’un logement entraîne souvent une spirale : déscolarisation des enfants, perte d’emploi, incapacité à rembourser les dettes. Parfois, c’est l’inverse : la perte d’un emploi mène à celle du logement. C’est d’ailleurs la logique de la proposition de loi adoptée aujourd’hui par la majorité sénatoriale et déposée par l’actuel ministre David Amiel, ancien député.
Son article 1er souhaitait instaurer une “clause de fonction”, facilitant la perte de son logement social en cas de changement d’employeur, d’invalidité, de départ à la retraite, voire de décès. Le gouvernement a finalement restreint cette clause aux travailleurs des services de transport, ce qui concentre le problème sur une catégorie déjà malmenée face à l’ouverture à la concurrence.
Le travail ne garantit plus l’accès, ni le maintien dans le logement : 24% des personnes sans domicile ont un emploi, dont près de 40% en CDI. En 2025, 959 personnes sont mortes à la rue, à 49 ans en moyenne, soit plus de 30 ans de moins que l’espérance de vie nationale.
Si la trêve hivernale est nécessaire, elle reste très insuffisante. On meurt à la rue toute l’année, d’abord de l’isolement, de la violence et des problèmes de santé qui en découlent, plus que du froid.
Face à cette crise, il faut des réponses structurelles. Cela passe par la construction de 200 000 logements sociaux, pour répondre à la demande et garantir un accès digne et durable au logement, mais aussi pour désengorger des dispositifs d’hébergement d’urgence aujourd’hui saturés.
Il est indispensable de mettre fin aux expulsions sans relogement et d’instaurer un droit au logement inaliénable.
Le logement ne doit plus être un droit à la carte, dépendant des ressources ou de la situation professionnelle, car il est un besoin fondamental dont aucun être humain ne pourra jamais se passer.