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Plein cadre - Interview par le Dauphiné Libéré

Parcours, souvenirs d’une femme en politique -

Par / 8 mars 2010

par La Rédaction du DL | le 25/02/10

Questions sur l’avenir du PCF ?

Nous avons demandé à Annie David si le Parti communiste français était encore vivant ? S’il avait encore un avenir ? Et s’il n’était pas, comme certains aiment à le dire, un peu "ringard" ? Alors ? « Regardez-moi, je suis bien vivante et les idées que l’on porte, celles de la solidarité et du partage des richesses, sont plus que jamais d’actualité. Quand j’accompagne des demandeurs d’asile en préfecture, quand je rencontre des salariés en difficulté, quand je donne un coup de main au Secours populaire, je suis en adéquation avec mes idées et avec la réalité. » « Cette idée de ringardise, c’est une idée qu’ont réussi à faire passer les Darcos, Sarkozy et compagnie. Et bien sûr, ils l’opposent à leur propre idée de la modernité. Or, moi je refuse leur modernité qui parle de management à l’américaine, qui accepte qu’une poignée de personnes exploitent tous les autres, qui a envie de casser le code du travail. Oui, la droite décomplexée dit que c’est ringard les CDI, mais on comprend bien pourquoi. Mais pour moi, la vraie modernité, c’est d’aller vers une société plus juste, où tous enfants peuvent partir en vacances, où les gens qui veulent travailler peuvent travailler. C’est peut-être de l’utopie... Mais si on ne croit pas à un monde meilleur, on reste couché en attendant le pire. Moi je ne veux pas me résigner car je pense que le combat sert à quelque chose. »

Elle le dit elle-même : « Je ne suis la plus médiatisée des personnalités politiques de l’Isère », même si elle siège depuis 2001 au Sénat. Membre du Parti communiste, elle assure aussi ne pas être « très appareil politique » et avoir toujours gardé son franc-parler. « Je suis comme ça, assez directe. » Et elle restera, « comme ça », tout au long de cette interview décalée. Alors qui est Annie David ?

Vos premières actions militantes ?
« Mes parents étaient des militants communistes, alors j’ai très tôt entendu parler politique. Je collais des affiches avec eux. On faisait ça le soir, ce qui donnait au geste un petit côté clandestin. J’adorais ! »

Votre premier souvenir politique ?
« J’en ai un, mais c’est une défaite. Mais c’est quand même mon premier souvenir politique. C’était en 1995 lors des municipales à Villard-Bonnot. C’est à ce moment-là que j’ai pris ma carte au Parti communiste français. J’ai toujours été militante et au cœur des luttes syndicales. Mais ce n’est qu’en 95 que j’ai vraiment compris combien il était important d’adhérer à un parti pour donner du poids aux idées. »

Votre pire souvenir politique ?« La dernière présidentielle et le score de mon parti. J’avais de la peine pour mes camarades et j’étais abattue de voir que nos idées n’avaient pas été comprises. Oui, dans ces moments-là, on pleure. Pas en public, mais on pleure. »

Votre meilleur souvenir politique ?
« Mon élection au Sénat en 2001. Une journée surréaliste. Le dépouillement, le préfet qui annonce mon nom, et je réalise que je suis sénatrice. Le lendemain, comme j’étais encore salariée, je vais au bureau et mon patron me dit en rigolant : "Tiens j’ai entendu à la radio qu’une Annie David vient d’être élue sénatrice". Je revois ses yeux quand il a compris que c’était moi, cette Annie David ! »

Votre plus grande honte en politique ?
« Ma plus grande honte serait d’apprendre la trahison d’un camarade, d’apprendre qu’il a fait des choses contraires à nos valeurs. Donc, non, je ne vois pas. »

Et le passé du PC ?
« Vous voulez dire en Russie ? On nous le ressort toujours. Mais je ne peux pas avoir honte de ce qui s’est fait sous Staline, car non seulement je ne cautionne pas ses actions mais encore je ne m’identifie pas du tout à sa politique. Ce n’est pas du tout le communisme que je défends... C’est comme si vous demandiez à un militant de l’UMP de s’excuser pour Pinochet ! »

Etre une femme en politique ?
« C’est plus difficile ! Nous n’avons pas le droit à l’erreur. Une femme sera très vite taxée d’incompétente. Pourtant les femmes politiques, les femmes en général d’ailleurs, ont un atout considérable, celui d’être ancrée dans la vie quotidienne. »

Dans un autre parti, qui appréciez-vous et qui détestez-vous ?
« Celui qui représente ce que je déteste le plus en ce moment, c’est Besson. Ce qu’il est capable de faire contre les demandeurs d’asile, non, je ne peux pas. Et celui que j’apprécie ? Je dirais Dupont-Aignan. Je ne suis pas d’accord avec lui, mais j’aime bien sa démarche. Il va jusqu’au bout de ses convictions, sans se renier, même si cela le marginalise. »

Votre avenir en politique ?
« Si les conditions sont réunies, pourquoi pas continuer ce que j’ai commencé au Sénat ? »

Qui sera le président en 2012 ?
« Pas Sarkozy ! Et si on arrive à rassembler la gauche, ce sera la gauche ! On parle beaucoup de Martine Aubry. Pourquoi pas ? J’aime bien l’idée d’une femme présidente. »

Pour trouver cette photo, Annie David est retournée dans les archives de sa maman. « Je ne suis pas très photo, moi ». Et de son enfance, la sénatrice dit qu’elle a été « heureuse, même si on n’avait pas grand-chose. Mon père, qui était plombier dans une petite boîte, est mort jeune. Ma mère s’est ensuite débrouillée en faisant des ménages. Jamais elle ne s’est découragée, jamais elle nous a fait sentir que l’on était pauvres. Je l’admire beaucoup. »

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