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Groupe Communiste, Républicain, Citoyen et Écologiste

Recueils de mes interventions

l’Europe souffre d’un déficit démocratique alarmant

Par / 7 mai 2014

Intervention de Michel Billout lors du meeting du 6 mai à Torcy en soutien à Patrick Le Hyaric et Raquel Garrido, candidats du Front de Gauche en Ile de France pour les élections européennes.

Chers amis, chers camarades,

Le 30 janvier dernier était organisé au sénat un débat sur le déficit démocratique au sein de l’Union Européenne. Le constat était sévère et plus qu’alarmant. Une Europe très éloignée des citoyens, qui ne sert qu’à imposer toujours plus d’austérité aux peuples, une Europe de technocrates et de lobbyistes réunis à Bruxelles pour infléchir les grandes décisions.
Sans doute ce constat mérite-t-il davantage de nuances mais c’est bien le ressenti de la très grande majorité de nos concitoyens.

Après le départ d’un ministre remplacé par un secrétaire d’Etat et à quelques jours de l’élection des représentants au Parlement européen en toute discrétion, on ne peut pas dire que cette perception soit en passe d’ évoluer.

La campagne électorale n’a jamais été aussi confidentielle ! Même le service public s’intéresse très peu au sujet ; ainsi France télévision a refusé de diffuser le premier débat télévisé entre les candidats à la présidence de la Commission européenne.
Et dans toute la sphère médiatique, nous assistons à cette neutralisation des partis et des courants n’allant pas dans le « bon » sens.

Toute construction d’une Europe progressiste et solidaire est décrédibilisée. De fait le débat d’idées est impossible, le citoyen étant considéré inapte à comprendre les vrais enjeux de la construction européenne.

Certes l’Union européenne n’a pas réussi à faire d’autre démonstration que la construction d’un marché unique dont seuls les grands groupes industriels et financiers ont tiré profit. Privatisations, casse des services publics, développement du chômage, dumping social et fiscal et aujourd’hui développement de politiques austéritaires constituent le quotidien de son action.

Cette politique est loin de favoriser le développement de coopérations utiles entres les 28 pays qui composent l’Union. C’est au contraire la mise en concurrence des peuples et des territoires qui est organisée. Petit à petit ce phénomène est en train de tuer l’Europe. Car cette concurrence exacerbée met les peuples sous tensions et concentre toute sorte de sentiments très nauséabonds.

Pourtant l’idée originelle de la création de l’Union européenne était la création d’une zone de paix, certes pour favoriser les échanges marchands et le développement économique capitaliste, ceux du charbon et de l’acier par exemple, mais la nécessité d’une paix durable était un élément fondamental.
Or aujourd’hui, nous constatons une nouvelle fois, après la guerre des Balkans, que cette paix n’est pas forcément acquise et qu’elle est même en danger aux portes de l’Union.

La situation de l’Ukraine doit nous inquiéter et nous faire réagir. Sa position géographique est certes complexe, elle devrait pouvoir constituer librement un véritable trait d’union entre l’UE et la Russie, ne pas à faire le choix entre Poutine ou l’OTAN.

Ainsi la crise en cours ne peut être interprétée ni comme une volonté majoritaire des Ukrainiens de soutenir un partenariat économique avec l’UE, ni à l’inverse comme le soutien à un renforcement exclusif des liens avec la Russie.
L’extrême droite ukrainienne armée à l’ouest, des forces paramilitaires pro-russes à l’est ne représentent en aucune façon la légitimité populaire.
Dans ce drame l’Union européenne devrait soutenir bien davantage l’organisation d’élections dans un climat apaisé. Le peuple ukrainien doit pouvoir décider s’il souhaite ou non préserver l’unité d’un territoire et l’intégrité de ses frontières. C’est une des ambitions que doit justement porter une Union européenne progressiste, contrairement à l’actuelle incapacité chronique de l’UE à jouer un rôle positif dans les conflits du monde et particulièrement dans ceux des pays voisins.

C’est pourquoi nous ne pouvons faire l’impasse d’une réelle démocratie européenne. Malheureusement dans ce contexte le Parlement européen ne paraît pas avoir les moyens ou la volonté d’infléchir les décisions d’un Conseil et d’une Commission tout puissants.

Jamais le fossé entre les institutions européennes et les citoyens n’a jamais été aussi grand : c’est même devenu un gouffre !
Les citoyens ont su pourtant s’emparer de sujet capitaux dans l’histoire de la construction européenne. Rappelons-nous les débat passionnés pour le Traité de Maastricht ou lors du référendum pour le traité constitutionnel européen (TCE). Les électeurs ont su faire entendre leur voix pour la construction de l’Union Européenne.

Le déficit démocratique que nous connaissons actuellement prend ses racines, justement, dans l’issue de ces combats. Car comment demander aux citoyens de se remobiliser quand leur voix a été régulièrement bafouée ?

En effet, malgré le rejet du TCE, le Parlement Français a voté très majoritairement le traité de Lisbonne, copie conforme du projet, tout comme le traité budgétaire européen Sarkozy-Merkel, pourtant dénoncé par le candidat Hollande. Ainsi les électeurs ont-ils l’impression d’être pieds et mains liés à Bruxelles, qu’aucune autre voix que celle d’une Europe du moins disant soit possible.

Nous proposons au contraire de renégocier les traités, d’insuffler l’envie du débat, celle d’avancer vers une Europe solidaire et progressiste.

Les enjeux des élections européennes sont énormes. Il ne faut pas laisser la voie libre à l’extrême-droite qui se contente de dénoncer « l’immigration », qui prône la sortie de la zone euro ou même de l’Europe. Ni à ceux qui vantent un improbable retour à l’Europe à six ou encore ceux qui, à gauche, font croire qu’ils constitueraient une majorité alternative au niveau européen alors même qu’ils ont toujours soutenu les directives ultralibérales.

Si nous voulons que la démocratie souffle à nouveau en Europe, il est d’abord nécessaire d’informer les citoyens des véritables enjeux de ces élections.

Prenons l’exemple du projet d’accord transatlantique négocié en secret. La très grande majorité des Français ne sait même pas ces négocitions sont en cours et encore moins sur quoi elles portent ! Pour faire court, c’est juste la copie conforme du projet d’accord multilatéral sur l’investissement (AMI) négocié dans le plus grand secret entre 1995 et 1997. Rejeté in-extremis grâce à la pression populaire.

Celui-ci vise à supprimer toutes barrières non-tarifaires ou tarifaires et surtout à libéraliser totalement l’économie.

C’est une véritable menace pour les droits sociaux et l’emploi, l’environnement, l’agriculture, les droits civiques et la vie privée, la santé, la régulation financière et la démocratie, les services publics... Ça nous sommes les seuls à le dénoncer, à part les écologistes, plus timidement. Pensez-vous que le PS, alors que François Hollande souhaite qu’on accélère les négociations « pour éviter les contestations » va lever le petit doigt sur le sujet ! Certainement pas, c’est donc à nous de le dénoncer encore plus vivement et de montrer au citoyens tous les aspects néfastes de ce traité présenté comme étant la recette miracle pour relancer la croissance !

Aujourd’hui, dans les institutions européennes, c’est le Parlement européen qui doit représenter les peuples des 28 Etats, c’est le parlement européen qui devrait avoir le pouvoir de décider de la politique que devrait privilégier l’Union européenne, dans la limite de ses compétences, bien sûr.

C’est donc pour cela qu’il est indispensable que le Front de Gauche ait le plus grand nombre de représentants au sein d’un groupe de la Gauche Unie Européenne renforcé. Nous ne changerons pas tout du jour au lendemain, mais avoir un groupe avec 20 députés ou 60 ce n’est pas la même chose, plus nous aurons de poids au Parlement européen, mieux nous pourrons combattre les politiques néfastes !

Nous avons peu de temps, mais de notre mobilisation dépend le nombre de députés européens Front de Gauche qui seront élus.

En ma qualité de président de l’association départementale des élus communistes et républicains, et pour notamment les raisons que Maud a développé avant moi,

Je m’engage à tout faire pour que les élus communistes et Front de Gauche de notre département soient particulièrement actifs dans la campagne. Leur relai auprès des habitants des villes et villages est essentiel.

Alors le 25 mai, avec les candidats du Front de Gauche et notre tête de liste Patrick Le Hyaric, mobilisons- nous, toutes et tous pour construire une autre Europe : celle qui entend les peuples et agit pour le progrès humain, d’abord !

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