Filière STAPS

par Hélène Luc

Monsieur le Président,
Monsieur le Ministre,
Mes chers collègues,

C’est un véritable malaise qui frappe la communauté éducative de la filière STAPS. L’inquiétude est grande devant un avenir incertain et se traduit par cette forte mobilisation que nous connaissons depuis quelques mois.

Quelques chiffres pour l’Ile de France, A Marne-la-Vallée, ce seront seulement 30 places en formation au lieu de 90 qui seront offertes aux étudiants. A l’IUFM de Créteil, les effectifs sont en baisse passant de 306 étudiants en 2002-2003 à 282 étudiants en 2003-2004.

L’annonce de la baisse des postes mis au concours externe de recrutement du CAPEPS qui devraient passer de 1330 en 2003 à 780 en 2004, soit plus de 41% près de 10 000 étudiants inscrits, a fait office de précurseur d’une grogne aux racines bien plus profondes.

Ils sont 55 000 étudiants en STAPS, tous niveaux confondus, confrontés à des perspectives de débouchés trop faibles. Ils s’inquiètent de la baisse des recrutements, ils s’inquiètent aussi des dispositions du futur décret d’application de la loi du 1er août 2003 du Ministère des sports visant à réglementer l’accès aux métiers d’encadrement sportif, autre débouché offert à la filière STAPS. Sur ce point, vous avez, Monsieur le Ministre, rencontré des étudiants et professeurs et il semble que des garanties leur aient été apportées pour qu’avec leurs diplômes universitaires ils puissent avoir accès aux emplois liés au sport. Mais cela n’enlève en rien la vigilance qu’il faut garder sur ce projet.

La situation de l’EPS aujourd’hui est la suivante : tout d’abord, selon une note de la Direction Prospective et Développement de votre Ministère, il s’agit de la deuxième discipline au collège proportionnellement au nombre des élèves par classe, et dans les lycées, il s’agit de celle qui possède les effectifs les plus chargés, 29,9%. Ensuite, la justification de la régression du nombre des élèves dans le second degré, qui ne représenterait cependant que 0,2% d’élèves en moins par section, ne prend pas en compte l’augmentation du nombre d’élèves en primaire qui seront les futurs collégiens. Enfin, un appel constant aux vacataires et contractuels, le recours aux heures supplémentaires, le non remplacement des professeurs malades, la dégradation des conditions de travail sont mises en cause de cet enseignement.

Or nous savons tous combien l’EPS doit s’accompagner de garanties notamment en matière de sécurité et pour cela, il faut des moyens humains et financiers.

« Humana Sana in corpore sanum » dit l’adage. La filière de l’éducation physique et sportive doit être considérée comme une discipline culturelle à part entière essentielle à la formation des enfants. Le développement de l’être humain est un tout, indivisible de l’esprit et du corps. Qui plus est, dans l’exercice de leur fonction, les professeurs d’éducation physique sont confrontés journellement à l’apprentissage en situation de mixité et d’assurer la réussite de leur enseignement. Cela peut susciter leur engagement dans le sport civil et y exercer des responsabilités notamment pour les filles. Les cours d’EPS ont une assise pédagogique forte et permettent bien souvent d’aider des élèves en grande difficulté scolaire ou sociale. Pourtant, il faut noter que les enseignements d’EPS en SEGPA sont souvent les premiers touchés.

C’est pourquoi je vous demande, Monsieur le Ministre, de prendre toutes les mesures afin que le nombre de postes offerts au CAPES 2004 soient rétablis à hauteur de 2003. J’espère vivement que les importants gels de crédits annoncés par le Ministre des finances ne toucheront pas le Ministère de l’éducation nationale qui n’a vraiment pas besoin de cela. Je vous demande également de me dire, et par là même aux représentants de la filière STAPS ici présents, quelles sont les mesures que vous comptez prendre pour revaloriser cette discipline.

Il est essentiel d’agir rapidement, Monsieur le Ministre, si l’on ne veut pas faire de l’EPS une discipline annexe pour garantir un rattrapage de l’encadrement pédagogique et scientifique du cursus STAPS, la création de postes correspondants et l’amélioration des contenus de formation.

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