"Les inégalités continueront de se creuser avec ce budget"

PLF 2026 : crédits "outre-mer"

Publié le 5 décembre 2025 à 14:16

Pour les outre-mer, le débat budgétaire est le grand moment de vérité. La promesse d’égalité est au coeur de cette mission.

Cette année, elle fait partie des missions les plus impactées. Elle marque la totale déconnexion entre les arbitrages du Gouvernement et les réalités du terrain. Les services publics sont dégradés. Rien n’est prévu pour les plus pauvres et les plus précaires.

Comment demander de nouveaux sacrifices a ceux qui souffrent déjà ? D’abord, la vie chère. Les écarts vont jusqu’à 42 % en Guadeloupe. Ensuite, l’accès aux soins, les mobilités et le logement : la réduction des crédits de la LBU est irresponsable.

En Guyane, à la Guadeloupe, à Mayotte et en Nouvelle-Calédonie, les taux de chômage sont deux fois supérieurs à la moyenne hexagonale. Quelque 36 % des jeunes Guyanais sont sans emploi, sans diplôme et sans formation.

Comment penser que le développement du SMA sera une réponse suffisante, alors que plus de la moitié des 15-25 ans sont inscrits dans une mission locale à La Réunion ? Trop peu de moyens permettent de faire entrer nos territoires dans la transition écologique.

Ce budget ne répond pas aux demandes de la Kanaky. Les 10 millions d’euros alloués à la reconstruction s’attachent à réparer les dégâts sans traiter les causes politiques de la violence. Pourtant, le peuple kanak souffre toujours d’une absence de reconnaissance, les inégalités sont criantes et le processus d’autodétermination se trouve dans une impasse. Ce budget traduit l’entêtement de Paris à contraindre plutôt qu’à accompagner. Nous dénonçons le passage en force d’un projet de loi en vue de l’organisation d’un référendum relatif au projet d’accord de Bougival.

Les derniers textes votés - Mayotte, Encadrement des loyers ou Vie chère - n’auront que peu d’effets si les moyens ne sont pas au rendez-vous. Les inégalités continueront de se creuser avec ce budget.

Sans vision, l’État gère une crise après l’autre. Nous ne renoncerons pas à l’ambition que la promesse d’égalité devienne réalité, même très loin de la République.

ÉvelyneCorbière Naminzo

Sénatrice de La Réunion
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Sans vision, l'État gère une crise après l'autre. Nous ne renoncerons pas à l'ambition que la promesse d'égalité devienne réalité, même très loin de la République.

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