Certes, il existe au sein du ministère une mission sécurité, sûreté et d’audit (Missa), mais celle-ci agit à la demande des services et ne peut organiser des contrôles de son propre chef. Il est regrettable qu’elle ne soit pas directement associée à l’élaboration du dialogue de gestion et de tutelle. Je m’étonne que le Louvre n’ait jamais saisi la Missa durant la dernière décennie. Madame la ministre, vous avez annoncé un renforcement de ses missions et de ses moyens. Qu’en est-il ?
Son responsable, Pascal Mignot, nous a déclaré en audition qu’un changement complet de paradigme avait été décidé pour protéger les cathédrales contre les incendies. Il faudrait la même chose contre le vol. Sous quelles modalités ? En outre, il serait utile que la Missa apporte aux collectivités des compétences dont ces dernières ne disposent pas.
Le 8 décembre dernier, Noël Corbin, chef de l’Igac, a précisé que ses services n’avaient pas eu le temps d’expertiser la sûreté des réserves du Louvre. D’autres musées, comme le centre Georges Pompidou, ont d’importantes réserves. Toutes respectent-elles les normes de protection contre les incendies et les vols ?
Le recel des oeuvres pillées offre de nouvelles possibilités. Les vols se multiplient parce qu’il est plus facile d’écouler des oeuvres sur des marchés moins bien contrôlés. L’Office central de lutte contre le trafic des biens culturels (OCBC), dirigé par le colonel Jean-Baptiste Félicité, joue un rôle essentiel à cet égard. Le ministère doit s’organiser pour mieux travailler avec lui et partager ses bases de données, notamment.
Mme Ventalon et moi-même recommandions dans notre rapport d’information de 2022 de doter les opérateurs de vente d’objets d’art d’une base de données interopérable avec celle de l’OCBC. Mais cette mise à niveau n’a toujours pas été réalisée