Passe et impasse des crédits sport

PLF 2026 : crédits « Sport, jeunesse et vie associative »

Publié le 5 décembre 2025 à 14:13

Nous devions capitaliser sur l’élan sportif du pays, soutenir la jeunesse et la vie associative, mais le PLF 2026 marque un recul massif et aura des conséquences immédiates sur les familles, les jeunes, les clubs et les collectivités.

La mission « Sport, jeunesse et vie associative » est l’une des plus touchées. La démocratisation sportive en paie le prix. L’action n°1 concentre l’essentiel du retrait alors qu’elle finance le Pass’Sport et les moyens de l’ANS. Le Pass’Sport, qui avait permis à 1,6 million de jeunes de pratiquer du sport en 2024, est recentré sur les 14-17 ans, alors que l’âge 6-13 ans est déterminant pour l’entrée dans la pratique. Son budget est également réduit. Décrochage des inscriptions, aggravation des inégalités territoriales, fragilisation de la pratique féminine : toutes les associations sportives ont exprimé leur inquiétude.

Seul un maintien à quatre heures hebdomadaires d’EPS par des enseignants formés dans des équipements adaptés permettrait une véritable démocratisation ; la baisse de deux heures se fait sur le dos des collèges en zone prioritaire, les plus vulnérables.

L’ANS est amputée de 89 millions d’euros en AE. Le plan « Génération 2024 » devait financer 5 000 équipements entre 2024 et 2026 ; seuls 157 millions d’euros sur 300 millions ont été effectivement affectés, alors que les besoins demeurent.

Les crédits du programme 163 baissent de 26 %. Le compte d’engagement citoyen (CEC) et le FDVA restent stables en euros constants, mais avec l’inflation cela revient à baisser les moyens réels pour la formation des bénévoles et le soutien aux associations.

Le dispositif « colos apprenantes » a permis à plus de 400 000 enfants, souvent de milieux modestes, de bénéficier de séjours éducatifs. Alors que 40 % des enfants ne partent pas en vacances, cette suppression risque d’aggraver une fracture sociale déjà très marquée.

Ce budget renonce à accompagner les plus modestes et met à mal la solidarité sur nos territoires. Il est non seulement insuffisant, mais dramatique. Nous voterons résolument contre.

Jérémy Bacchi

Sénateur des Bouches-du-Rhône
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Le dispositif « colos apprenantes » a permis à plus de 400 000 enfants, souvent de milieux modestes, de bénéficier de séjours éducatifs. Alors que 40 % des enfants ne partent pas en vacances, cette suppression risque d'aggraver une fracture sociale déjà très marquée.

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