Alors que ces transformations rapides engagent notre modèle énergétique, d’aménagement et de développement, la puissance publique ne cherche qu’à rassurer les investisseurs, au détriment de la concertation et de la démocratie locale.
Oui, il y a un enjeu de souveraineté numérique. Le besoin de capacités de stockage et de calcul sur notre territoire est réel. Mais on ne peut s’en tenir là. Au Bourget, s’implante un centre dont la consommation électrique dépassera celle de la commune, sans parler des émissions de gaz à effet de serre sur un territoire déjà très pollué. À Dugny, à La Courneuve et ailleurs, des projets sont sur la table.
Les questions centrales de la planification et de la démocratie locale ne sont pas prises en compte. Comment lutter contre la concentration excessive des installations ? Comment organiser un véritable débat démocratique autour de ces projets au lieu d’y couper court avec le statut de projet d’intérêt national majeur ?
La croissance continue des usages numériques, dopée par l’intelligence artificielle, a un coût collectif : énergie, ressources, foncier. Elle exige une réflexion d’ensemble. Accélérer les implantations tout en ignorant leurs effets, c’est se lancer dans une fuite en avant risquée.
Cette proposition de loi propose de sortir d’une logique subie ; elle ouvre un débat nécessaire autour du numérique et des infrastructures associées. C’est pourquoi nous la voterons.