"L’épisode épidémique est, hélas, devant nous"

PLF 2026 : Crédits "agriculture"

Publié le 15 décembre 2025 à 09:28

Difficile d’aborder ce débat sans faire référence à la situation de tension qui entoure la ferme ariégeoise où un nouveau cas de DNC a été découvert.

L’épisode épidémique est, hélas, devant nous. Le traumatisme pour les éleveurs est lourd. Madame la ministre, vous appuyez vos décisions sur des avis scientifiques et nous ne vous le reprochons pas.

M. Laurent Somon. - Très bien !

M. Gérard Lahellec. - Mais il faut dégager les moyens pour accompagner les décisions prises.

On a dit que la contradiction est la loi fondamentale des choses... Ce budget en offre une illustration, puisque, en dépit de la LOA, les AE de la mission baissent de 12 %, au moment où notre agriculture traverse une crise des revenus, une crise sanitaire, une crise écologique et une crise de renouvellement des générations.

On m’objectera que l’agriculture participe, comme les autres budgets, à la réduction des déficits publics. C’est oublier que l’agriculture et l’agroalimentaire ne sont pas des activités comme les autres. Il suffit de réfléchir un instant pour s’apercevoir que la mondialisation des prix agricoles n’a aucun sens : au Brésil, il y a chaque année deux récoltes d’oléoprotéagineux, en sorte que, à conditions identiques, on peut produire deux fois plus de poulets.

Nos débats ne peuvent être dissociés de ceux portant sur le libre-échange. Toutes les mesures possibles doivent être prises contre l’accord avec le Mercosur.

Il faut encourager l’acte de produire, une agriculture de production que je ne confonds pas avec l’agriculture productiviste.

Mme Annie Genevard, ministre. - Bravo !

M. Gérard Lahellec. - Or, en Bretagne, les indicateurs de production ne sont pas bons, en particulier dans les filières lait et porc. Ce contexte pèse évidemment sur le renouvellement des générations.

Ce budget finance les urgences au détriment des politiques de moyen et long termes. La transition agroécologique paie le plus lourd tribut à l’austérité budgétaire au moment même où nous commençons à mesurer l’étendue des pertes de biodiversité et des maladies professionnelles. Dommage que les impératifs de maîtrise de la dépense l’emportent sur une véritable stratégie agricole. (Applaudissements sur les travées du groupe CRCE-K et sur quelques travées des groupes SER et UC)

M. Vincent Louault. - Excellent !

GérardLahellec

Sénateur des Côtes-d'Armor
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La transition agroécologique paie le plus lourd tribut à l'austérité budgétaire au moment même où nous commençons à mesurer l'étendue des pertes de biodiversité et des maladies professionnelles.

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