Mais il ne faudrait pas que cette résolution soit un alibi pour se dédouaner à bon compte d’une capitulation. Le discours du Président de la République varie selon les circonstances : le 6 novembre à Belém, c’était « très positif », puis à Toulouse, il déclarait que ce projet recueillerait un « non ferme » de la France. Quand le croire ? Lors de la dernière réunion du Conseil européen, tout allait « dans le bon sens », sans préciser lequel...
On assiste au déploiement d’une charretée d’artifices pour mettre en oeuvre cet accord sans l’aval des parlements nationaux. Les grandes firmes transnationales pourront imposer le traité tel qu’elles le souhaitent. Bizarre, cette démocratie libérale européenne !
Mais cette procédure peut être contestée devant la justice. C’est d’ailleurs ce que j’avais demandé au Gouvernement le 12 novembre dernier, sans obtenir de réponse...
Le boeuf aux hormones et le poulet aux antibiotiques vont pouvoir inonder l’Europe. Curieux que la disposition du traité UE-Nouvelle-Zélande interdisant l’exportation vers l’Union européenne de la viande bovine des feed lots ne soit pas reprise dans l’accord Mercosur, alors que de tels centres d’engraissement sont très rares en Nouvelle-Zélande et courants au Brésil.
Il y aurait de nouveaux mécanismes de sauvegarde ? Grosse tromperie : c’est déjà prévu depuis 2019.
Tout cela provient du militarisme européen : les Allemands, privés d’énergie russe et désormais dépendants du pétrole et du gaz américains, ont promis d’acheter des armes françaises...
Pire encore, le mécanisme dit de rééquilibrage permettra à l’une des parties de demander des compensations à l’autre. En vertu de cet article, l’Union européenne ne pourra pas empêcher les importations de produits traités par tel ou tel pesticide interdit, sans compensation financière.
La France doit utiliser tous les moyens diplomatiques et juridiques pour s’opposer à cet accord.