"Le texte ne répond en rien aux urgences du monde agricole"

Projet de loi d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles

Publié le 22 juillet 2026 à 10:12

Cette loi d’urgence agricole était motivée par le souci de répondre à la colère paysanne de fin 2025 et début 2026.

La motivation première de cette colère, c’est la rémunération du travail paysan. Nos paysans ne demandent rien d’autre que de pouvoir vivre de leur travail.

Le texte issu de la CMP est celui voté par la majorité sénatoriale. De plus en plus, l’instance légale qu’est la CMP est instrumentalisée pour imposer un texte. Il n’y a pas eu de recherche de conciliation, on a fait monter les enchères le plus haut possible, en faisant le pari qu’il est plus facile d’imposer à quatorze élus des dispositions que n’accepteraient peut-être pas les 925 parlementaires de notre République. (M. Laurent Duplomb proteste.)

Le Gouvernement n’avait pas prévu de réintroduire dans son texte les dispositions de la loi Duplomb sanctionnées par le Conseil constitutionnel ; il avait même préconisé le recours à un autre véhicule législatif pour traiter les néonicotinoïdes. La majorité sénatoriale en a décidé autrement. Le Gouvernement a accepté de s’y soumettre.

Désormais, le clivage se fait entre ceux qui défendraient l’usage de l’acétamipride et ses opposants.

La question centrale de la rémunération du travail paysan n’a pas trouvé sa place... Pire, en introduisant des dispositions spécifiques sur l’usage de l’eau, le texte risque d’entraîner de nouveaux clivages, car l’agriculture et la société ont toutes deux besoin d’eau.

Le texte ne répond en rien aux urgences du monde agricole. Alors que nous subissons de plein fouet les conséquences du dérèglement climatique, on continue - et en appuyant sur l’accélérateur !

N’en déplaise à ceux qui soutiennent ce texte, non, tous les paysans ne souhaitent pas le retour de l’acétamipride ni faire du stockage de l’eau l’alpha et l’oméga de l’adaptation au changement climatique.

Oui, nous avons besoin d’eau pour produire, mais la priorité est de préserver la ressource ; oui, nous avons besoin de moyens de production, mais pas au détriment de la biodiversité, de la santé, ni d’autres filières comme l’apiculture.

À quoi bon produire toujours plus, si c’est pour moins de souveraineté alimentaire, moins de paysans et des revenus toujours plus faibles ?

L’urgence est de permettre aux paysans de vivre de leur métier. Il fallait faire de l’agriculture l’une des solutions au bouleversement environnemental et non une partie du problème ; en faire un projet de société, et non organiser des conflits d’usage. Autant de raisons qui confirment notre opposition au texte.

GérardLahellec

Sénateur des Côtes-d'Armor
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La question centrale de la rémunération du travail paysan n'a pas trouvé sa place... Pire, en introduisant des dispositions spécifiques sur l'usage de l'eau, le texte risque d'entraîner de nouveaux clivages, car l'agriculture et la société ont toutes deux besoin d'eau.

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