Logement et climat : les plus modestes paient deux fois

Projet de loi visant la relance et la décentralisation du logement

Publié le 8 juillet 2026 à 11:30

Nous examinons ce texte au cours du troisième épisode de canicule que subit notre pays en un peu plus d’un mois. Douloureuse et meurtrière - même si tous les chiffres ne sont pas encore connus - , cette canicule met en lumière deux évidences : ces phénomènes vont se multiplier et nous ne sommes pas égaux face à eux, le plus lourd tribut étant payé par les classes populaires et les travailleurs.

Certes, quelques avancées sont prévues, notamment sur l’initiative de la commission en matière d’adaptation des logements. Je pense en particulier à l’avis simple des ABF pour en finir avec cette hérésie qui fait qu’on nous empêche, à Paris, d’installer des volets sur un immeuble. Je pense aussi à l’intégration du confort d’été dans les plans pluriannuels de travaux des copropriétés.

Mais force est de constater qu’une double impasse perdure. D’une part, vous refusez de soumettre les propriétaires bailleurs à la moindre contrainte : ils pourront continuer à louer des passoires et des bouilloires thermiques, tandis que les locataires sont bons pour payer, endurer et se taire.

D’autre part, vous vous obstinez à ne pas lever le verrou budgétaire, s’agissant notamment du sous-financement de l’Anah et de la restriction des travaux pris en charge par MaPrimeRénov’.

Sur le front de l’adaptation au changement climatique, non seulement ce projet de loi ne nous fait pas avancer, mais il nous fait reculer en remettant sur le marché les passoires et bouilloires thermiques.

J’ai écouté le ministre avec une grande attention. J’ai presque eu l’impression d’entendre au début de son propos des accents de François Ruffin... Le problème, c’est que vous êtes le représentant du camp politique qui est aux responsabilités depuis neuf ans ; je ne sais pas bien dans quel parti vous êtes, mais vous avez compris ce que je veux dire.

La crise du logement atteint des records : c’est la conséquence de la nullité de la politique menée depuis 2017. Au reste, aucun orateur n’a défendu la politique du logement menée par Emmanuel Macron...

Une politique du logement sérieuse aurait le courage d’affronter les logiques de marché, notamment par le développement des logements sociaux et l’encadrement des loyers. Celui-ci doit être poursuivi : on a bien vu combien les loyers explosaient dans nos grandes métropoles avant sa mise en place. Bon courage à celles et ceux qui voudraient expliquer aux habitants qu’on permet aux propriétaires d’appliquer n’importe quel loyer !

Je souhaite que ce texte fasse l’objet d’un examen sérieux et puisse répondre aux attentes de nos concitoyens, ce qui n’est pas le cas pour le moment.

IanBrossat

Sénateur de Paris
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La crise du logement atteint des records : c'est la conséquence de la nullité de la politique menée depuis 2017. Au reste, aucun orateur n'a défendu la politique du logement menée par Emmanuel Macron...

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