Détenu par M6, le club a été vendu à la hâte à un fonds de pension américain, qui l’a revendu à un margoulin, connu pour avoir coulé tous les clubs qu’il a rachetés. Et que font les instances ? Nada. Il est temps d’interdire la multipropriété dans le sport ! Un club, ce n’est pas une machine à cash : c’est une histoire, une âme. Je le dis aux amoureux des Girondins : le club n’est pas à vendre, mais à défendre. Une seule chose n’a pas été détruite : l’amour des supporters et d’une ville pour leur maillot. L’argent ne peut et ne doit pas tout, voilà l’histoire des Girondins de Bordeaux. Le mythe de la concentration de richesses et du ruissellement est une chimère, comme toutes les théories du macronisme.
Résultat : un championnat fade, sans saveur. Le PSG gagne avec les centaines de millions d’euros du Qatar, tout en fermant les yeux sur les liens avec le financement du terrorisme. L’écart avec le reste du championnat se creuse ; le modèle est en crise. La manne des droits télévisés s’effondrera à 412 millions d’euros brut l’an prochain, contre 1 milliard d’euros espérés. Et ils sont toujours aussi mal répartis : de 1 à 4 en France contre 1 à 2 en Angleterre. Il faut plafonner la redistribution.
Je salue le renforcement de la transparence et du contrôle de la DNCG, qui doit toutefois gagner en indépendance, et celui du dialogue avec les supporters, qui ne sont ni des consommateurs, ni des vaches à lait, ni des voyous, comme veut nous le faire croire le projet de loi Ripost. Ils sont le premier contre-pouvoir face à la dérive de l’argent roi. Le prix des places doit être revu à la baisse partout. Enfin, je note des avancées sur le sport féminin, mais sans garantie d’un modèle économique viable.
Une alerte : certaines rencontres ont été suivies illégalement par plus d’un téléspectateur sur deux. Mais nous veillerons à ce que les dispositifs de lutte contre le piratage soient respectueux des libertés et proportionnés. Attention au morcellement et au coût croissant des offres de diffusion. Le sport est et doit rester politique ; ni vulgaire marché ni simple spectacle, il participe à la cohésion de la société, à la promotion de l’égalité, à l’éducation et à la lutte contre le racisme et la xénophobie.
Le texte issu de la CMP ne met pas un terme à la financiarisation ni aux dérives que nous dénonçons depuis des années, mais il constitue une étape importante. Notre groupe le votera.