Nous vivons une catastrophe agricole majeure. La violence, l’intensité et la précocité de la canicule sont le signal avant-coureur de périodes encore plus chaudes. Il faut changer de boussole. Or ce n’est pas ce que ce texte nous propose.
Répond-il enfin à la colère paysanne ? Quid de la survie des espèces animales et végétales et de notre agriculture elle-même ?
En France, 43 % des agriculteurs ne dégagent pas même un Smic pour 70 heures par semaine. Il faut des prix rémunérateurs. Pourquoi ne pas expérimenter le tunnel des prix ?
Une récente commission d’enquête du Sénat montre que la valeur ajoutée du produit alimentaire revient très peu à la ferme. La loi de modernisation de l’économie (LME) de 2008 a privilégié la consommation au détriment de la production.
S’y ajoute la répartition peu équitable des aides européennes. Avec 1 milliard d’euros en moins et la fusion des deux piliers de la PAC, la pression sera encore plus forte sur les petites exploitations familiales, déjà en grande souffrance. La solution est là, pas dans l’intensification de la production.
Avec cette loi, les paysans n’auront qu’à se débrouiller tout seuls. Vous êtes confronté à des difficultés d’irrigation ? Vous pourrez prélever plus facilement l’eau - tant pis pour les autres usages. C’est aussi efficace qu’un brumisateur en cas de surchauffe...
Vous êtes confronté à des prédations ? Avec un permis de chasse, vous pourrez tirer sur des loups - tant pis pour eux. Et quid du vautour, de l’ours, des choucas et du sanglier ?
Nous avons besoin d’installer des jeunes sur des unités à taille humaine et d’une caisse mutualiste publique pour faire face aux aléas climatiques. Au lieu de cela, on facilite l’agrandissement des bâtiments d’élevage.
Sur l’acétamipride, la ministre nous dit qu’elle réfléchissait à un autre véhicule législatif. Mais diverses forces font pression pour remettre la question sur la table, tout de suite.
L’interdiction des achats hors Union européenne pour la restauration collective publique est positive.
Nous aurions souhaité que ce texte se cantonne à son objectif initial. D’où nos amendements, très raisonnables. Nous voterons ceux qui protègent le foncier agricole et les sols.