Ce budget marque un renoncement à une certaine idée de la France, celle qui tend la main. En octobre, des associations ont manifesté. Ce basculement répond aux injonctions de l’extrême droite ; l’exécutif courbe lâchement l’échine et la droite sénatoriale est toute disposée à l’écouter.
En témoigne la proposition du rapporteur général d’une coupe de 200 millions d’euros, à l’instar des propositions de l’extrême droite.
Avec 700 millions d’euros, c’est 750 000 décès évités avec le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, ou encore une aide alimentaire d’un an pour 4 millions de foyers. Le programme 110 perd 45 % de ses crédits, les contributions aux institutions multilatérales 60 %, le programme 209 37 % en deux ans. Seul le fonds de solidarité pour le développement (FSD) est stabilisé, mais pour mieux aller vers des prêts et garanties. Pire, cette aide se transforme en outil diplomatique et économique. Entre 2019 et 2023, 2,5 milliards d’euros de marchés de l’AFD sont revenus à des entreprises françaises. Le Gouvernement assume une logique de doubles dividendes : aider le Sud, oui, mais d’abord nos entreprises...
Le projet annuel de performance cite l’objectif d’aider nos partenaires à lutter contre l’immigration irrégulière. C’est devenu un outil de contrôle, une conditionnalité implicite. Les pays qui n’aident pas à la gestion migratoire sont pénalisés. C’est contraire au droit international comme à la tradition universaliste de la France.
Décembre est le mois de transmission des vieux récits. Un pays raconte une histoire à travers son budget. L’APD, c’est la France qui soigne, construit des écoles et agit pour un monde plus stable et plus juste. Nous voterons contre les crédits de cette mission. Soyons à la hauteur du rôle historique de notre pays !