La junte militaire se maintient, car elle est insérée dans des circuits économiques mondiaux ; elle peut ainsi acheter des armes et bombarder sa population.
Je note une contradiction majeure. En mars 2024, la direction générale du Trésor indiquait que nos échanges avec le pays avaient repris et dépassaient désormais le niveau d’avant-crise. Nous continuons à importer du textile, du bois, des minerais, de la joaillerie, secteurs contrôlés par la junte. Ces profits financent directement la répression. Nos exportations ont augmenté de 30 % depuis 2021.
Une enquête de 2023 a révélé que cinq banques françaises et le fonds de réserve pour les retraites (FRR) proposaient des investissements utiles à la junte, à hauteur de 6 milliards de dollars. Les actionnaires et marchands d’armes empochent les dividendes de cette complicité.
Quelle hypocrisie ! D’une main, le Gouvernement soutient les mécanismes internationaux de la justice. De l’autre, les eurodéputés de la macronie et consorts votent l’affaiblissement de la directive sur le devoir de vigilance, main dans la main avec l’extrême droite. Ainsi, on sabote des instruments concrets d’action dès qu’ils menacent les flux économiques.
Quelles mesures entendez-vous prendre contre l’implication de ces établissements financiers ?
Nous voterons ce texte. Mais la justice internationale restera une coquille vide tant qu’elle se contentera de juger les criminels de guerre, sans jamais inquiéter ceux qui les financent.