La logique budgétaire affaiblit la voix de la France dans le concert des nations. L’universalité, le partage du savoir, l’accès du plus grand nombre à la culture ont guidé notre action. Le Gouvernement oriente désormais son réseau vers la rentabilité et la capacité à générer des ressources propres. La culture devient un produit, l’éducation, un marché et la francophonie un levier économique plutôt qu’un bien commun.
Les crédits du programme 185 baissent. L’AEFE voit aussi ses crédits chuter. Les frais de scolarité augmentent.
Cette logique budgétaire s’accompagne d’une réduction des effectifs. Le Gouvernement externalise, précarise et remplace les postes budgétaires par des contrats locaux.
Les déclarations improvisées du Président de la République traduisent l’incohérence de sa politique et sont souvent des coups d’épée dans l’eau. La France n’a plus les moyens de ses ambitions. Amateurisme et instabilité constante réduisent notre crédibilité internationale.
Notre réseau diplomatique est à l’os. La réforme du corps diplomatique lui a porté atteinte. On ne remplace pas la diplomatie par de la communication.
On dépense pour de l’événementiel : ainsi des 20 millions d’euros pour le G7 à Évian.
Ce budget est déconnecté et privilégie l’apparence ; il nourrit le ressentiment à l’égard de notre pays sur la planète.
Le choix du Président de la République sur le Sahara occidental montre que la France s’éloigne du respect du droit international. Par ses décisions, le Président de la République a injustement nourri un conflit.
Si nous avons enfin reconnu l’État palestinien, cela ne suffit pas à masquer la timidité de notre action réelle. Israël a repris ses bombardements à Gaza. Cela alimente l’idée d’un deux poids deux mesures. La diplomatie est reléguée au second plan alors qu’elle devrait prévaloir.
Alors que se conjuguent les crises alimentaire, sanitaire, climatique, d’accueil des réfugiés, nous avons besoin de coopération, pas seulement de moyens militaires.
L’asymétrie entre la hausse des moyens de la défense et l’effondrement de ceux de la diplomatie dit tout. Vous privilégiez la confrontation à la coopération. Nous voulons une France qui ne se laisse pas happer par la logique atlantiste et militariste : une France indépendante et actrice de la paix.