Dans le même temps, on supprime 4 000 postes d’enseignants, on coupe les dotations aux collectivités territoriales, on fait payer aux malades un impôt épouvantable de 3,6 milliards d’euros.
Pour faire avaler ce surarmement aux travailleurs, vous créez un climat anxiogène, en appelant même à accepter de perdre nos enfants. Ces discours servent l’obsession guerrière d’Emmanuel Macron, son dernier moyen d’exister dans un pays qui le rejette.
Pourtant, cette stratégie militariste ne se base sur aucune rationalité stratégique. Les États européens de l’Otan dépensent trois fois plus pour la défense que la Russie : 454 milliards de dollars contre 141 milliards en 2024. Ils comptent quatre fois plus de navires de guerre, trois fois plus de chars de combat, de véhicules blindés et d’artillerie que la Russie.
Nous restons constants dans notre position : oui, la France a besoin d’une armée dissuasive, solide et compétente, mais à condition qu’elle ne serve qu’à la défense stricte de notre territoire national, de nos infrastructures et de nos populations. Or ce budget de surarmement organise une logique de projection extérieure et d’escalade. Nous dénonçons cette dérive stratégique.
Les commandes et livraisons prévues montrent que nous préparons une armée de haute intensité et de projection. Dans le même temps, le volet humain ne représente que 3 % de la hausse totale. Plus de 80 % des crédits nouveaux du plan Fidélisation bénéficient en réalité aux industriels et non aux militaires ou à leurs familles.
La disparition, dans les documents budgétaires, des mots « désescalade » ou « stabilisation » témoignent de ce basculement doctrinal. Notre doctrine reposait sur trois piliers : dissuasion, prévention, projection. Nous ne parlons désormais plus que de réactivité, de puissance et de résilience. Notre pays ne cherche plus à éviter les conflits mais se préparer à les mener.
La hausse disproportionnée de la contribution à l’Otan, alors même qu’il y a eu des marchés truqués, nous inquiète. Nous voulons des comptes ! L’autonomie stratégique de l’Europe est une chimère.
Notre groupe propose une autre vision : celle d’une France souveraine, libérée de l’Otan, appuyée sur la puissance publique, tournée vers la paix, l’innovation civile et la justice sociale.
Nous voterons contre ce budget et défendrons des amendements sur la protection de celles et ceux qui portent nos armées. Nous plaiderons pour une meilleure prise en compte de la santé mentale et une revalorisation des moyens du SSA.
Une nation est comme un arbre, il lui faut de la sève pour grandir et des racines pour tenir ; la sève ce sont les services publics, nos jeunes et nos travailleurs. Les racines, notre diplomatie et notre universalisme. Or ce budget gonfle le tronc, alourdit les branches, affaiblit la sève, étouffe les racines. L’arbre risque de casser.
Nous voulons une France forte, qui construit la paix et donne des perspectives de fraternité à nos enfants.