Les 117 médecins concernés pourront donc exercer en France et pallier - un peu - les difficultés d’accès aux soins, qui s’aggravent sans cesse. Près de 73 % des Français déclarent avoir renoncé à au moins un acte de soins au cours des cinq dernières années, contre 63 % en 2024, soit 7 millions de personnes supplémentaires.
Permettre l’exercice d’une centaine de médecins est un luxe dont nous ne pouvons pas nous priver.
Ce texte met en lumière la précarité administrative et financière des Padhue, dénoncée par notre groupe depuis des années. Les 19 000 Padhue sont soumis à des examens où la note éliminatoire peut être de 14/20, leurs revenus sont très inférieurs à ceux de leurs collègues et leurs contrats sont précaires.
Ces médecins formés à l’étranger sont indispensables : nos hôpitaux publics tiennent grâce à eux. Il est insupportable qu’ils vivent sous la menace d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF).
La mobilisation des Padhue dénonçant les conditions de sélection et les interventions répétées des parlementaires ont conduit à la publication du décret du 28 mai 2025 : grâce à une voie interne simplifiée, les médecins déjà installés en France ne sont plus soumis qu’à un concours limité à une seule épreuve théorique.
C’est une avancée, mais il faut aller plus loin : augmenter le nombre de médecins formés en France, rendre leurs études plus accessibles, revaloriser les stages et les salaires des internes, ouvrir de nouveaux CHU dans les territoires, augmenter les moyens des centres de santé publics permettant un exercice salarié, rompre avec les politiques d’austérité en santé et ne pas voter un Ondam inférieur au niveau de l’évolution tendancielle des besoins de santé.
Ce texte améliore la situation des médecins à diplôme britannique, qui renforceront, même modestement, notre système de santé : nous le voterons. Mais il n’épuise pas la question des Padhue : nous resterons mobilisés à leurs côtés.