"L’épargne salariale sert à accompagner les aléas de la vie, pas à faire un plein d’essence !"

Renforcement de l'attractivité de l'épargne salariale

Publié le 8 avril 2026 à 18:12

Le 17 octobre, monsieur le ministre, vous avez annoncé une prime d’intéressement, coup de pouce au pouvoir d’achat des salariés. Finalement la « prime Papin » s’est transformée en prime pépin : elle risque d’être réservée aux seuls cadres des grandes entreprises et de détourner le dispositif d’épargne salariale.

En décembre, vous annonciez la transformation de la prime d’intéressement en déblocage exceptionnel de l’épargne salariale. C’est le sens de cette proposition de loi déposée par le groupe Les Républicains. Alors que 13 milliards d’euros ont été versés en épargne salariale en 2024, vous proposez de défiscaliser jusqu’à 5 000 euros d’intéressement débloqué...

Avant même le choc pétrolier de mars 2026, le pouvoir d’achat était la première préoccupation de 25 % de nos concitoyens.

Votre proposition ne crée pas du pouvoir d’achat supplémentaire pour les salariés, mais débloque une épargne déjà constituée.

Votre proposition est injuste, car elle ne concerne qu’un quart des salariés, ceux qui ont accès à l’épargne salariale ; vous excluez notamment ceux des entreprises de moins de 50 salariés, les fonctionnaires, les taxis... Je pense à ceux qui doivent prendre leur véhicule pour travailler, comme les infirmières et les aides à domicile.

Ce texte fait l’unanimité contre lui parmi les organisations syndicales et patronales. L’épargne salariale sert à accompagner les aléas de la vie, pas à faire un plein d’essence ! Selon l’experte Sandrine Dorbes, elle a été conçue pour accompagner le long terme, non pour compenser les difficultés du quotidien. Si l’on songe à la débloquer, c’est que le salaire ne remplit plus sa fonction. Il est rare de voir les organisations patronales plus vindicatives que les syndicats de salariés ; vous réalisez cet exploit !

En 2022, la Dares évaluait à 844 millions d’euros et 352 millions net les pertes de recettes induites par les dispositifs d’intéressement et de participation. En débloquant l’épargne salariale de quelques-uns, vous déstabilisez le système de sécurité sociale pour l’ensemble des salariés.

Le problème tient au niveau faible des rémunérations. Il est urgent de réévaluer le Smic et d’indexer les salaires sur l’inflation. Nous voterons contre ce texte.

Cathy Apourceau-Poly

Sénatrice du Pas-de-Calais
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Votre proposition est injuste, car elle ne concerne qu’un quart des salariés, ceux qui ont accès à l’épargne salariale ; vous excluez notamment ceux des entreprises de moins de 50 salariés, les fonctionnaires, les taxis... Je pense à ceux qui doivent prendre leur véhicule pour travailler, comme les infirmières et les aides à domicile.

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