Le développement de la Corse est entravé par son retard en matière de services publics, notamment dans le secteur de la santé. Les hôpitaux de Bastia et Ajaccio ne permettent pas de répondre aux besoins et l’île, plutôt correctement dotée en généralistes, accuse un déficit important de spécialistes, notamment en gynécologie, gériatrie et endocrinologie.
En absence de CHU, 35 000 Corses sont contraints chaque année de se rendre sur le continent pour recevoir des soins. L’accès à la santé est un enjeu de justice sociale, surtout quand le taux de pauvreté atteint 16,1 % et 20,6 %, ce qui est le cas en Corse-du-Sud et en Haute-Corse. Cette situation a aussi un coût pour la sécurité sociale, puisque les transferts médicaux représentent 30 millions d’euros par an.
Ajoutons aux raisons justifiant la création d’un CHU en Corse le phénomène de saisonnalité : la population décuple chaque été.
L’installation d’un CHU ne se limite pas à l’ouverture de lits : c’est aussi un outil de formation, de démocratie médicale, d’attractivité et de réduction des inégalités territoriales. D’autres territoires demandent aussi la création d’un tel établissement, comme le Pas-de-Calais, qui compte 1,5 million d’habitants ; ma collègue Cathy Apourceau-Poly appelle à l’ouverture d’une structure multipolaire. Je pense aussi à l’hôpital du Havre, plus grand centre hospitalier de France auquel on refuse pourtant l’universitarisation.
Le groupe CRCE-K votera ce texte car, en Corse comme ailleurs, notre système de santé nécessite des investissements massifs pour réduire les fractures territoriales et les inégalités d’accès aux soins.