Nous appelons de nos voeux un débat serein, respectueux des convictions de chacun. La fin de vie relève de l’intime, des convictions personnelles, des histoires familiales et touche à l’essentiel - notre humanité, notre dignité, notre vulnérabilité.
En 1964, Simone de Beauvoir décrivait la mort de sa mère après des semaines de souffrance. Combien y sont encore confrontés en 2026 ?
Des progrès ont été faits depuis 2016, avec les directives anticipées opposables, la fin de l’obstination déraisonnable et la sédation profonde et continue. Mais le cadre législatif actuel ne répond pas à toutes les situations, en particulier quand le pronostic vital n’est pas engagé à court terme.
Ce texte n’impose rien : il reconnaît un nouveau droit à ceux qui voudraient y recourir. Comme en première lecture, les rapporteurs l’ont dénaturé en une assistance à mourir. Ils ont tellement multiplié les clauses de conscience que cette assistance à mourir, réservée à ceux qui n’ont plus que quelques heures à vivre, ne pourra avoir lieu qu’à l’hôpital public. Et c’est encore trop pour certains membres de la majorité sénatoriale, qui rêvent de revenir sur la loi Claeys-Leonetti.
Pour la majorité de mon groupe, le droit à l’aide à mourir est un droit d’exception, en aucun cas une solution alternative aux soins palliatifs.
Nous regrettons la suppression, par l’Assemblée nationale, du droit opposable, ainsi que de la loi de programmation. Le Gouvernement, qui impose le respect de la loi de programmation militaire au missile près, ne pourrait prendre aucun engagement en matière de soins palliatifs ?
Une majorité du groupe CRCE-K votera le texte sur l’aide à mourir et s’opposera à celui sur les soins palliatifs, vidé de sa substance.