C’est une véritable épidémie, aux facteurs connus : hypertension, diabète, cholestérol, tabac, sédentarité. Or prévention et détection sont insuffisantes : plus d’un diabétique sur cinq n’est pas diagnostiqué !
En 2023, 5,5 millions de personnes étaient atteintes, 1 million de plus qu’en 2015. Et ces maladies touchent beaucoup plus les catégories populaires et les Ultramarins : à La Réunion, l’incidence des AVC atteint 384 cas pour 100 000 habitants, contre 231 au niveau national. Les femmes aussi sont plus touchées, puisque, en 2023, plus de 72 000 sont décédées d’une maladie cardiovasculaire, contre 64 000 hommes.
Nous sommes en retard en matière de prévention, y consacrant près de 2,5 fois moins de moyens que l’Allemagne.
Cette proposition de loi vise à systématiser la prévention aux âges clés, ce que nous soutenons. Néanmoins, il faut considérer la globalité des politiques de santé menées ces dernières années : la primauté donnée aux logiques comptables, le refus d’agir fortement contre les déserts médicaux et l’absence d’ambition en matière d’accès à une alimentation saine ne vont pas dans le sens de la prévention nécessaire. Quasi-disparition de la médecine scolaire, démographie médicale insuffisante et suppression des CHSCT sont autant d’éléments qui risquent de fragiliser la portée de ce texte.
Nous soutenons les mesures proposées, mais une réorientation de nos politiques de santé s’impose à partir des besoins réels et non du seul souci d’économies. Nous voterons ce texte pour prévenir des morts évitables. Mais n’oublions pas que les ouvriers ont deux fois plus de risques que les cadres de mourir entre 35 et 65 ans : j’invite donc celles et ceux qui voteront ce texte à ne pas expliquer qu’il faut repousser encore l’âge de la retraite ou que les Français ne travaillent pas assez !