De la COP 30 à notre budget : le grand écart climatique

PLF 2026 : Crédits « Écologie, développement et mobilité durables »

Publié le 9 décembre 2025 à 10:49

« Sans équivoque, les humains sont la cause du changement climatique auquel nous assistons ». Ces mots sont ceux du Président du GIEC en présence de 600 experts présents à PARIS la semaine dernière

Le dépassement du seuil de 1,5 ° est désormais inévitable.
La COP 30 qui s’est déroulée au Brésil devait être la COP de la vérité alors que la sortie des énergies fossiles n’est même pas mentionnée dans le document final.

Si tous ont salué la clarté de la France pour contrer le déni climatique, comment expliquer alors que nous ne mettons pas tout en œuvre pour éviter la catastrophe, ni pour nous en protéger.

Nous ne regardons peut-être plus ailleurs pendant que la maison brûle, mais nous la regardons bruler.

Au fil des discussions budgétaires de cette seconde partie, il y a une constante ; ce qui compte n’est pas de répondre impérativement aux urgences, c’est l’existence du budget lui-même, pourvu qu’il soit voté.

Dans ce contexte contraint, la mission écologie devient une variable d’ajustement qui n’est pas au rendez vous pour empêcher la crise sociale avec les coupes annoncées.

  • 500 millions d’euros pour ma prime renov dont les critères de surcroît vont être resserrés alors que 7 millions de nos concitoyens vivent dans des passoires thermiques et des chèques énergies aux montants insuffisants.
  • Et que dire du fonds vert réduit à nouveau de 650 millions perdant encore la moitié de ses crédits 2025.

Nos collectivités territoriales en première ligne pour conduire des politiques efficaces en faveur de la transition écologique,déjà contraintes de participer à l’effort de maitrise du déficit public, vont devoir continuer à avancer avec moins de moyens alors que les besoins sont immenses en matière d’isolation des bâtiments, gymnase, école, renaturation des centres villes.
Quand ces mêmes collectivités investissent 8,3 milliards d’euros annuels pour la transition écologique cet effort devrait pratiquement doubler pour atteindre nos objectifs climatiques.
Or , ce n’est pas le sort qui leur est réservé dans ce budget qui va leur permettre d’atteindre ce niveau d’investissements.*

Les transports sont un enjeu important dans cette mission comme la prévention des risques, la réduction de nos déchets, le soutien à l’économie circulaire.

Ces politiques sont indispensables comme sont indispensables aussi l’ingénierie et les moyens humains qui vont avec.
L’Etat n’a pas suffisamment pris en compte le rôle potentiel du transport ferroviaire pour la mise en œuvre de la transition écologique qui doit reposer sur :

  • la modernisation du réseau
  • la création des SERM pour la desserte périurbaine
  • la reconquête des lignes de desserte fine du territoire
  • une vraie relance du frêt ferroviaire.

S’agissant des catastrophes naturelles :
62 % de la population française est exposée de manière forte ou très forte aux risques climatiques.
En modifiant les équilibres naturels, le dérèglement climatique augmente la fréquence et l’intensité des évènements météorologiques extrêmes, comme les inondations, les tempêtes, les cyclônes , les feux de forêts et les épisodes caniculaires.

Or quand les sécheresses ou les inondations se multiplient, la perte de récoltes dont les agriculteurs sont les premières victimes entraîne une hausse du prix des denrées alimentaires accentuant les inégalités.

Ces mêmes phénomènes extrêmes font qu’aujourd’hui 10,5 millions de maisons sont concernées dans notre pays par le RGA ; ces sinistres ont augmenté de 145% entre les périodes 1989 -2005 et 2006-2024.
Plus de 2 milliards d’euros, c’est le coût des RGA par an dans les années à venir si nous ne changeons pas nos pratiques et si nous perdurons à conserver une partie non négligeable du Fonds Barnier dans le budget de l’ Etat.

Au cours des prochaines décennies, agir pour limiter le réchauffement des températures mondiales ne coûterait que le quart des dommages qui pourraient être infligés aux personnes, aux écosystèmes et aux infrastructures.

Par ailleurs, la réindustrialisation, la décarbonation de nos entreprises nous conduits à considérer incontournable l’électrification massive. La bataille de l’énergie est aussi une bataille essentielle qu’il nous appartient de mener car elle est un bien commun qui doit être accessible à tous.La théorie selon laquelle il faut laisser faire le marché et une impasse qui s’est avérée très couteuse pour les usagers.

La bifurcation écologique implique de créer des recettes vertes en faisant notamment contribuer les acteurs économiques les plus aisés et les plus polluants.
En 2023 les entreprises du CAC 40 ont réalisé des bénéfices records : 153,6 milliards d’euros contre 42 milliards en 2022 .

Nous devons mettre fin aux niches fiscales climaticides et conditionner chaque euro de financement public à des objectifs sociaux et environnementaux comme le préconisent nos collègues Fabien GAY et Olivier RIETMANN au terme de la commission d’enquête qu’ils ont menée sur les aides publiques aux grandes entreprises.

Agir pour préserver le climat c’est agir pour construire un monde solidaire qui place au cœur le développement humain, la coopération et la paix à l’inverse du commerce des armes.

En l’état mon groupe votera contre le budget de cette mission.

Marie-ClaudeVaraillas

Sénatrice de Dordogne
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Nous devons mettre fin aux niches fiscales climaticides et conditionner chaque euro de financement public à des objectifs sociaux et environnementaux comme le préconisent nos collègues Fabien GAY et Olivier RIETMANN au terme de la commission d'enquête qu'ils ont menée sur les aides publiques aux grandes entreprises.

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