Cette mode du jetable n’est pas tenable. En France, 3,5 milliards d’articles ont été achetés en 2024, soit 50 articles textiles par an et par habitant.
Circonscrire le problème à Shein ou Temu ne suffira pas à lutter contre le coeur du problème : la surconsommation dopée aux prix trop bas, qui ont pour corollaires le travail infantile, des salaires de misère, des conditions de travail inhumaines, et les atteintes à l’environnement.
En quinze ans, la production mondiale de vêtements a doublé. L’industrie textile est responsable de 10 % des émissions de gaz à effet de serre.
En première lecture, nous avions proposé un bonus-malus fondé non plus sur l’écoconception, mais sur le respect des droits humains et des salaires. Mais les critères sociaux n’ont pas été intégrés au texte final de la CMP et les critères environnementaux ont été minorés.
En renvoyant certaines dispositions à un futur décret, des entreprises risqueraient de ne plus être concernées.
Il faut des mesures très ambitieuses : réduire les volumes sur le marché, interdire la consommation de produits qui ne répondent pas à nos exigences, structurer une filière de l’habillement en France, alors que deux tiers des emplois ont disparu entre 1990 et 2016 et que moins de 3 % des vêtements vendus en France sont fabriqués en France.
Nous devons aussi porter une attention particulière au pouvoir d’achat des Français, et donc améliorer les salaires.
L’interdiction de la publicité pour la mode ultra-express, étendue aux influenceurs, est une bonne nouvelle.
Nous aurions cependant souhaité un texte plus ambitieux en faveur des structures de recyclage et de réemploi. Ce texte a déclenché un travail sur cette question très peu abordée. Une grande part de la solution réside dans l’Union européenne.
L’industrie textile est le symbole des dérives actuelles, dans un monde où le libre-échange sans régulation détruit nos industries.
Tout concourt à soutenir ce modèle. Il nous faut changer de paradigme. Ce texte isolé ne le permettra pas, mais c’est une première initiative ; comme en première lecture, nous le voterons.