« La Nation assure à l’individu et à la famille les conditions nécessaires à leur développement » nous rappelle le préambule de la Constitution. Cela doit être vrai que l’on soit sédentaire ou itinérant. L’itinérance ne doit pas exclure de la société : les gens du voyage doivent être libres d’aller et venir.
Il y a certes des problèmes de cohabitation entre riverains et gens du voyage. Le problème des installations illégales est réel ; j’ai été maire, je le sais. Mais cela ne suffit pas à pointer du doigt une communauté.
Pour refuser de faire peser sur les gens du voyage le fardeau de l’indifférence, la loi Besson a créé les aires d’accueil et les aires de grand passage. Mais 26 ans plus tard, il manque encore tant de places ! En Île-de-France, les premiers schémas identifiaient 5 350 places. Il n’y en avait que 2 285 fin 2014 et seulement 500 de plus, dix ans plus tard. À force de regarder les conséquences, on ne voit plus les causes.
La loi Besson n’est pas respectée partout. Avant de durcir les peines contre les gens du voyage, peut-être faudrait-il tout mettre en oeuvre pour faire respecter la loi Besson. Je ne jette pas la pierre...
Pour atteindre les objectifs de la loi Besson, l’État doit être facilitateur, notamment financièrement. Il faut aider les élus locaux à lever les freins urbanistiques ou financiers. C’est le chemin le plus fraternel.
Évitons les amalgames et les maladresses. Les gens du voyage ont besoin de s’installer et de vivre paisiblement. En leur offrant moins de solutions, nous les condamnons à une perpétuelle illégalité.
Notre groupe s’opposera majoritairement à cette proposition de loi.