« Que la montagne est belle »... quand on peut encore y vivre

Pour une montagne vivante et souveraine

Publié le 7 juillet 2026 à 10:14

Dans une chanson, il y a les refrains et les couplets. C’est pour éviter qu’ils ne « quittent un à un le pays pour s’en aller gagner leur vie loin de la terre où ils sont nés » que nous examinons cette proposition de loi au titre ambitieux.

La montagne ne saurait être réduite à un paysage : ce sont des femmes et des hommes qui y vivent, y travaillent, y élèvent leurs enfants. C’est un territoire vivant, mais fragile, aux contraintes particulières : éloignement, temps de trajet, climat, coûts d’investissement plus élevés, pression foncière, recul des services publics.

Quarante ans après la première loi Montagne, il est temps d’actualiser le pacte entre la nation et ses territoires de montagne. Pour autant, la différenciation ne peut être le nom du désengagement de l’État. Reconnaître les spécificités de la montagne, adapter la norme, oui ; faire porter aux collectivités le poids des réponses, jamais.

Le texte comporte plusieurs avancées. L’école est souvent le dernier service public de proximité. Fermer une classe a de lourdes conséquences. Il faudra pleinement associer les élus locaux. On ne maintient pas une école avec des tableaux prévisionnels, mais avec des enseignants, des transports, des habitants.

Sur l’accès aux soins, la difficulté principale n’est pas seulement dans la gouvernance des ARS, mais dans la désertification médicale, la fermeture des lits - bref, la crise de l’hôpital public.

Je salue les dispositions relatives aux abattoirs de proximité, laiteries et fromageries, centres vétérinaires, qui sont la condition du maintien de l’élevage et du pastoralisme.

Sur la gouvernance, la création d’une commission montagne ne doit pas devenir une instance supplémentaire sans effet. La démocratie locale a besoin de pouvoirs effectifs, de moyens et de respect.

Sur l’urbanisme, je demeure vigilante. L’adaptation des règles de continuité est nécessaire, mais la montagne vivante ne peut devenir une montagne livrée au marché immobilier !

Autre sujet sensible : l’eau. Eau potable, sécurité civile, irrigation, bétail, industrie, production d’électricité ou loisirs de neige, tous ces usages sont essentiels. Dans un contexte de changement climatique, l’eau doit être gérée comme un bien commun. De même pour la Gemapi. Le Papic est une avancée, mais la solidarité amont-aval est indispensable. C’est le rôle de l’État que de l’organiser.

Nous voterons ce texte - non parce que « les filles veulent aller au bal », mais parce qu’il est important pour ceux qui vivent dans ces territoires. Une montagne vivante, c’est une montagne où la République garantit l’égalité réelle, en donnant à chaque territoire les moyens de vivre dignement.

CécileCukierman

Présidente de groupe
Sénatrice de la Loire
Contacter par E-mail Suivre sur Facebook Suivre sur Twitter Consulter le compte linkedin
Dans un contexte de changement climatique, l'eau doit être gérée comme un bien commun. De même pour la Gemapi. Le Papic est une avancée, mais la solidarité amont-aval est indispensable. C'est le rôle de l'État que de l'organiser.

Ses autres interventions :

Sur le même sujet :

Institutions, élus et collectivités