"Les territoires en paieront le prix"

Explication de vote sur le budget 2026

Publié le 29 janvier 2026 à 14:35

En politique, le compromis n’est pas un gros mot. On aime parfois dire que les communistes n’en font jamais. L’idée est flatteuse, mais fausse. Le compromis n’est pas inacceptable par nature. Il l’est lorsque ce que l’on abandonne dépasse largement ce que l’on obtient. Ainsi de ce texte.

Derrière l’appel à la responsabilité et à l’équilibre, le fond ne bouge pas : les privilèges demeurent intacts ; les impôts des plus riches restent au même niveau qu’en 2025, comme si elle n’avait pas été l’année des dividendes et rachats d’actions records - 107 milliards d’euros. Et le Medef surjoue son désarroi, alors que la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises (CEBGE) rapportera 500 millions d’euros de moins que l’an dernier...

La taxe sur les holdings, déjà vaporeuse, s’est complètement évaporée sous le patient travail de sape de la droite. Présentée comme l’alternative à la taxe Zucman, elle ne rapportera rien - ou presque.

Le pacte Dutreil reste le sanctuaire fiscal que vous avez tenu à protéger, allant jusqu’à utiliser le 49.3 pour supprimer l’amendement déposé par notre groupe et adopté par le Sénat puis par l’Assemblée nationale, qui visait à exclure les cryptoactifs du pacte Dutreil. Le message est limpide : pour protéger le capital, même les consensus parlementaires sont jetables.

Sur les 211 milliards d’aides publiques, pas question d’en interroger le coeur ni de renforcer l’information du Parlement, encore moins d’en conditionner l’usage... La seule lignée touchée, c’est France 2030, amputée de plus d’1 milliard. Ce qui prépare l’avenir disparaît en premier.

Sur l’école, 4 000 suppressions de postes sont programmées : une saignée. Les syndicats parlent de « politique sanglante ». Pourtant, la baisse démographique offrait une perspective historique : renforcer l’école où elle était plus fragile. Vous avez fait le choix d’une gestion comptable de l’éducation nationale.

Même logique pour le logement. Vous refusez un plan public de construction et de rénovation à la hauteur des enjeux. Vous refusez de soutenir le logement social, vous instaurez un statut du bailleur privé. Le logement demeure un terrain de rente ou de spéculation, quand il devrait être un droit.

Le décalage est criant sur les collectivités territoriales. Vous parlez d’un nouvel acte de décentralisation, mais celui-ci est précédé par une ponction de plus de 2 milliards d’euros sur les collectivités. Là où le service public recule, le privé lucratif s’engouffre. C’est la loi du vide. Les territoires en paieront le prix.

Au changement de méthode doit succéder le changement de politique. C’est ce que les Français expriment. Il ne faut pas plus d’habileté, mais une rupture.

Ne comptez pas sur les membres du CRCE-K pour accompagner cette illusion du changement, qui est un renoncement à l’idée que la politique peut et doit changer la vie.

MarianneMargaté

Sénatrice de Seine-et-Marne
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Ne comptez pas sur les membres du CRCE-K pour accompagner cette illusion du changement, qui est un renoncement à l'idée que la politique peut et doit changer la vie.

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