Depuis un an, onze familles françaises ont assigné TikTok en justice, l’accusant d’exposer leurs enfants à des vidéos promouvant suicide, automutilation, troubles alimentaires. Marie, Emma, Charline, Pénélope, Lilou en sont mortes. Je ne les connaissais pas, mais je leur rends hommage. C’est dire l’ampleur de notre responsabilité collective face à un monde numérique devenu un monstre.
Nous voterons ce texte à l’unanimité.
Il faut miser sur la formation des professionnels de santé et de l’enseignement et sur la prévention auprès des familles, sans culpabilisation aucune, en pointant toujours du doigt la responsabilité des plateformes.
Les ravages des réseaux sociaux et des agents conversationnels se multiplient. Une étude a montré en octobre que l’usage des réseaux sociaux était associé à 600 000 cas de dépression supplémentaires chez les jeunes Français. Les plateformes sont prêtes à tout pour capter notre attention - TikTok, YouTube, X, sans oublier ChatGPT.
Derrière les réseaux sociaux et l’IA générative ne se trouve qu’une poignée de milliardaires qui ne cherchent qu’à maximiser ses profits en monétisant notre attention.
Nos enfants sont une cible privilégiée.
Tout cela a été dénoncé par le Président de la République dans son tour de France sur le thème de la démocratie et des réseaux sociaux. Pourtant c’est ce même président qui a grand ouvert les portes aux géants de la Tech, qui n’a pas donné suite aux recommandations émises par une commission qu’il a lui-même instituée et qui a inauguré en mai dernier les bureaux parisiens de Snapchat !
Nous ne pouvons plus nous satisfaire des doubles discours.
Il faut aller plus loin pour la sécurité de nos enfants. Je salue le courage du Gouvernement australien qui a interdit les réseaux sociaux aux moins de 16 ans.
Les géants de la Tech nous racontent que leurs avancées technologiques sont forcément source de bien-être social. Je n’en crois pas un mot. C’est digne du Meilleur des mondes d’Huxley...
J’ose le dire, je n’ai pas de réseaux sociaux, ne les utilise pas. Il nous faut arrêter cette machine infernale qui déshumanise. Il faut avoir le courage de remettre de l’humain et du sens, notamment dans les services publics, notamment dans ceux qui interviennent auprès des enfants et adolescents.