Ce texte veut remettre au coeur de notre système le peuple et ses représentants. La période actuelle nous oblige. La crise démocratique est totale, elle touche les institutions nationales et locales et se manifeste partout dans la cité et dans le monde du travail.
Comment ne pas comprendre la colère qui monte quand l’exécutif s’enfonce dans une dérive autoritaire en utilisant tous les stratagèmes de la Constitution pour imposer coûte que coûte ses décisions impopulaires en s’essuyant les pieds sur le Parlement ?
Le non-respect du résultat des législatives anticipées en a été l’illustration criante : malgré votre défaite dans les urnes, les mêmes personnes ont été nommées. Cette fêlure démocratique est du même niveau que le vote non respecté sur la Constitution européenne de 2005. Et que dire de la réforme des retraites, imposée sans vote de l’Assemblée nationale ?
Désormais, Emmanuel Macron cristallise la défiance populaire en pratiquant un pouvoir solitaire, faisant dériver notre pays vers l’oligarchie.
Le Président de la République oppose aux mobilisations populaires une réponse étatique de plus en plus violente. L’échec du référendum d’initiative partagée conforte le sentiment d’impuissance. L’exemple de la loi Duplomb est frappant : malgré une pétition signée par deux millions de personnes et une censure partielle, rien ne bouge. Il faut remettre le pouvoir au service de l’intérêt général et non des intérêts privés.
La défiance populaire grandit, en témoigne l’étude du Cevipof : 78 % de nos concitoyens n’ont plus confiance dans la politique ; seuls 23 % considèrent que la démocratie fonctionne bien, contre 53 % en Allemagne, mais 72 % sont favorables à une participation directe des citoyens aux décisions. Il n’y a donc pas de fatalité ou de désintérêt pour la politique, mais une perte de confiance alimentée par une distance entre les décisions prises et les aspirations populaires.
Monsieur le rapporteur, pouvez-vous soutenir que ce texte manque sa cible alors qu’il répond aux exigences citoyennes en retirant le droit de dissolution du Président ?
Nous renforçons les pouvoirs du Parlement et faisons redescendre le Président sur terre, afin de le ramener à un rôle d’arbitre et non de décideur. Nous n’avons pas besoin d’un Jupiter ou d’un monarque républicain. Non, ce n’est pas au Président de la République de « faire faire », mais au peuple et ses représentants.
Finissons-en avec la notion absurde de régime parlementaire présidentialisé, et enclenchons un changement de régime pour répondre aux défis qui se présentent devant nous.