"La régularisation est préférable à la surexploitation clandestine"

Mise en oeuvre du pacte sur la migration et l'asile

Publié le 21 mai 2026 à 11:41

Le 26 mars, le Parlement européen a validé avec l’extrême droite le renforcement du règlement Retour. Vous créez des hubs de retour, soit des centres externalisés de gestion des étrangers hors de l’Union européenne.

Alors que nous venons de célébrer le 81e anniversaire de la Libération, le devoir de mémoire devrait nous imposer une vigilance accrue face à la banalisation de l’enfermement et du recul des droits fondamentaux.

Or ce texte autorise la rétention de familles avec enfants dans des centres offshore - à partir de deux ans - ou les contrôles au faciès, entre autres. Procédures d’asile expédiées, garanties réduites, renforcement du fichage biométrique via Eurodac dès 6 ans : ce pacte marque un basculement gravissime. C’est l’alliance entre le capitalisme dérégulé et les forces d’extrême droite.

L’idée de créer des hubs pour détenir des migrants n’est pas nouvelle : l’Italie avec l’Albanie et l’Angleterre avec le Rwanda l’ont fait, mais ces projets se sont heurtés à des contestations judiciaires majeures, tant ils remettaient en cause des principes fondamentaux. Pourquoi ce qui nous semblait inacceptable hier devient aujourd’hui une norme assumée ?

Dans ce climat délétère, je continue à condamner les propos de Bruno Retailleau demandant l’exclusion de l’Espagne après la régularisation de 500 000 sans-papiers. Nous félicitons le gouvernement de Pedro Sanchez, car la régularisation est préférable à la surexploitation clandestine.

Il y a un objectif caché : une gestion utilitariste des migrations au service d’un modèle économique organisant délibérément la précarité. Pendant que l’Europe construit toujours plus de murs, la Méditerranée reste un cimetière - plus de 34 000 personnes mortes ou disparues depuis 2014, plus de 1 000 morts depuis le début de l’année.

Pourtant, l’immigration est la conséquence de choix politiques. Quand on alimente des conflits, qu’on bombarde des pays, il ne faut pas s’étonner que les populations fuient. Quand des multinationales pillent le Sud global, il est logique que des millions de personnes prennent la route de l’exil. Et que proposez-vous ? Plus de murs ! Que ferez-vous face aux millions de réfugiés climatiques à venir ?

Comme le disait Jaurès, il n’y a qu’une seule race : l’humanité.

Pascal Savoldelli

Sénateur du Val-de-Marne
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