Qui pourrait être contre la prééminence des lois de la République ?
Ce texte envoie en fait un message politique : la République serait menacée de l’intérieur.
C’est grave ! En prétendant défendre l’unité nationale, cette proposition de loi constitutionnelle alimente les fractures qu’elle prétend combattre.
Aucun chiffre, aucun élément précis : la Constitution, la loi et la jurisprudence encadrent ces situations. Pourquoi modifier notre Constitution, alors que le droit est déjà clair ?
L’objectif est non pas juridique, mais politique : cette proposition de loi remet sur la table des débats identitaires, à l’heure de crises sociales et économiques majeures. Dès la reprise des travaux parlementaires, on choisit de reparler d’identité nationale, alors que les Français subissent inflation, précarité, crise du logement ou de l’hôpital. Ni les 10 millions de pauvres, ni les 16 % de salariés précaires, ni le délitement organisé de nos services publics ne sont une priorité : ce texte est une diversion et même une faute politique.
La République n’a pas besoin de se redire pour être respectée, elle a besoin d’être vécue dans des services publics qui fonctionnent, une école laïque et des institutions garantissant justice sociale et égalité réelle. La laïcité n’est pas une arme de suspicion : elle vise l’émancipation. Elle ne pointe pas du doigt tel ou tel groupe. Elle garantit à chacun la liberté de conscience. Nous ne défendons pas une laïcité d’exclusion, mais celle de 1905, de la République devenue laïque, sociale et indivisible. Modifier la Constitution n’est jamais anodin : l’inscrire dans un climat de défiance reviendrait à l’affaiblir.
Consacrons notre énergie à réaffirmer nos principes : égalité, fraternité, solidarité, neutralité du service public, lutte contre les discriminations. Voilà les leviers de la cohésion nationale ! La prééminence républicaine s’inscrit non pas dans la défiance, mais dans la confiance. Notre groupe votera contre cette proposition de loi constitutionnelle.