Mais l’inquiétude première du Gouvernement n’est pas de lutter contre la pauvreté ou d’assurer la justice sociale. Aveuglé par la question migratoire, il s’attache à faire de Mayotte une terre où l’on piétine les droits de l’homme et opprime certains enfants du fait de leurs origines. Améliorer la vie des Mahorais est secondaire pour lui. Pourtant, retirer des droits aux uns ne renforce pas ceux des autres !
Unités familiales pour enfermer les enfants, retrait des titres de séjour des parents dont l’enfant constitue une menace pour l’ordre public : le Gouvernement va toujours plus loin dans la répression, alors que Mayotte souffre de carences systémiques en matière de protection de l’enfance.
Aucune de vos mesures restreignant le droit du sol n’a endigué les flux migratoires ni amélioré la situation de l’île. En revanche, elles maintiennent les étrangers dans une insécurité juridique et une précarité administrative qui freinent leur intégration et nourrissent la haine de l’autre. L’accès aux soins s’en ressent aussi, alors qu’il devrait être universel dans un département marqué par une forte prévalence de maladies infectieuses. Trop souvent, les associations doivent pallier les carences de l’État.
Nous saluons la création d’une région et le classement de la totalité de l’île en QPV. Il faut avancer le plus vite possible vers la convergence sociale, alors que le RSA est encore inférieur de moitié à son niveau national. Ne reculez pas sur l’objectif : pas un jour plus tard que 2031 !
Je déplore le manque d’investissements pour la jeunesse dans un département où un habitant sur deux a moins de vingt ans. L’insertion professionnelle des jeunes doit être une priorité.
Enfin, la territorialisation des titres bloque les jeunes à Mayotte, sans solution pour se former. Monsieur le ministre d’État, si ce projet de loi, comme vous l’affirmez, a été élaboré en concertation avec les élus locaux, pourquoi ne pas répondre à la demande qu’ils expriment très largement en supprimant ce système ?
Il faudrait plus d’écoute du terrain et plus d’ambition dans les mesures. Le rattrapage ne peut se faire à moitié ! Ce projet de loi est dangereux pour les plus vulnérables et trop timide en matière sociale. Le groupe CRCE-K s’abstiendra donc.