Quelque 77 % de la population de ce 101e département français vit sous le seuil de pauvreté ; le taux de chômage atteint 37 % ; 30 % des logements n’étaient pas raccordés à l’eau avant le cyclone ; un quart des logements étaient en tôle. Les montants de l’allocation aux adultes handicapés (AAH), de la prime d’activité et du RSA ne sont que de 50 % de ce qui est versé dans l’Hexagone.
Et l’urgence ne serait pas là ? Et l’enjeu serait la nationalité des enfants nés sur l’île ? Pourtant aucun chiffre ne démontre que les conditions d’accès à la nationalité sont un facteur d’attractivité pour le territoire. Ainsi, depuis le durcissement législatif de 2018, si le nombre de personnes devenues françaises a diminué, tel n’a pas été le cas du nombre de personnes étrangères.
Cette mesure discriminatoire enferme la population locale dans la précarité, tout comme les titres de séjours accordés à Mayotte qui ne permettent pas de circuler dans l’espace Schengen. La population de Mayotte est abandonnée par l’État et discriminée par nos lois.
L’histoire et la géographie de Mayotte sont trop souvent ignorées, pour servir des intérêts électoraux. En 1974, l’unité de l’archipel des Comores est reconnue, y compris par Valéry Giscard d’Estaing. Mais après le référendum, le Gouvernement change de position et interprète les résultats à son avantage, pour conserver une position stratégique dans le canal du Mozambique. Alors que 95 % des Comoriens se prononcent pour l’indépendance, 63 % des Mahorais votent contre : l’État français a alors divisé l’archipel et le peuple comorien.
Loin de nous l’idée de rendre, a posteriori, Mayotte aux Comores, mais je souhaite retracer toute la complexité de la situation. Par sa géographie, sa culture et son histoire, la population comorienne reste unie.
Le droit du sol est un fondement de notre République, depuis 1789. Voter cette proposition de loi, c’est faire reculer la République française.