En Polynésie française, dans les discussions sur les évolutions institutionnelles, les communes sont souvent oubliées. Les maires de la Kanaky Nouvelle-Calédonie préparent eux aussi l’avenir, notamment en envisageant l’élargissement de leurs compétences - je salue leurs travaux.
Les maires ont souvent relevé des défis majeurs. Moi-même premier magistrat, je peux comprendre les difficultés des communes de Polynésie française.
Durant la crise sanitaire, qui était là pour distribuer les masques, organiser la solidarité et répondre aux besoins ? Les maires ! Et ce sans lever plus d’impôt, sans fiscalité propre, dans une logique de service public pure et désintéressée. Tout cela interroge.
Cette proposition de loi part d’un constat juste : il faut redonner de l’air et de la clarté à l’échelon communal. Il faut des compétences mieux définies, exercées de manière plus souple.
Dans le même mouvement, nous ne pouvons ignorer la position de l’Assemblée de la Polynésie française, qui s’est prononcée contre ce texte ; nous ne pouvons la balayer d’un revers de main. Elle traduit une inquiétude, notamment sur la cohérence des politiques publiques entre les acteurs. Il faut redonner compétences, moyens et respect à l’échelle communale, et redonner confiance.
Je suis non pas polynésien, mais kanak. Je sais que rien de durable se construit sans dialogue, et je ne doute pas que nos peuples sauront trouver un consensus.
Les communes devront être intégrées aux discussions sur l’avenir de nos institutions. Ce texte est un signal utile, une base de discussion. C’est pourquoi, en conscience, le CRCE-Kanaky attendra les clarifications sur les craintes exprimées, sans opposition de principe à la réforme.
Nous devons redonner aux maires la sécurité et les moyens juridiques de leur action, tout en faisant confiance au pays sur sa capacité à avancer.