Narges Mohammadi et les autres prisonniers d’opinion doivent être libérés

Aggravation dramatique de la situation des droits humains en Iran

Publié le 12 février 2026 à 14:50

Lettre au ministre des affaires étrangères

Monsieur le Ministre,

Je me permets d’attirer votre attention sur l’aggravation dramatique de la situation des droits humains en Iran, illustrée par le sort acharné réservé à Madame Narges Mohammadi, lauréate du prix Nobel de la paix 2023.
Détenue déjà dans des conditions inhumaines à la prison d’Evin, elle a été condamnée dimanche 8 février 2026 à une peine supplémentaire de sept ans et demi de prison par un tribunal de Mashhad. Six années pour « rassemblement et collusion » et un an et demi pour « activités de propagande ». Madame Mohammadi, dont la santé est gravement déclinante après une grève de la faim de six jours entamée le 2 février dernier, subit un harcèlement judiciaire et physique qui met ses jours en danger.
Cette condamnation s’inscrit dans un contexte d’une répression généralisée que les parlementaires communistes, dont je suis, n’ont cessé de dénoncer en appui aux progressistes iraniens dont les syndicalistes et le parti « Toudeh ». Le régime théocratique iranien, affaibli par une crise économique profonde et marquée par une inflation dépassant les 40 % et une précarisation absolue des travailleurs, ne connaît pas d’autres réponses aux aspirations démocratiques et sociales qu’une violence extrême qui le fait multiplier les exécutions et les arrestations arbitraires.
Quelles actions diplomatiques concrètes la France compte entreprendre pour venir en appui aux demandes de libération immédiate de Narges Mohammadi et des autres prisonniers d’opinion formulées par des démocrates iraniens ainsi qu’à l’accès aux nécessaires soins hospitaliers ?
Le peuple iranien, qui rejette massivement ce régime comme l’ont montré le boycott des dernières élections et les récentes manifestations massives, attend une solidarité internationale qui respecte sa souveraineté populaire tout en venant en appui à ses exigences de liberté et de justice sociale. Comment la France entend-elle porter, au sein de l’ONU et ailleurs, une voix forte pour la protection des militants syndicaux, des femmes et des jeunes iraniens, tout en évitant des sanctions économiques aveugles qui ne frapperaient que le peuple déjà exsangue et en s’exprimant contre toute intervention impérialiste qui ne peut que produire des effets délétères pour ce pays et la sous-région ?
Restant à votre écoute, je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de mes salutations les plus distinguées.

Marianne Margaté

MarianneMargaté

Sénatrice de Seine-et-Marne
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