"Construisons une politique industrielle qui préserve les savoir-faire, sécurise les emplois et prépare l’avenir"

Débat : « Face à la désindustrialisation, quelle nouvelle politique industrielle pour la France ? »

Publié le 2 avril 2026 à 14:45

Dans le bassin minier et le Pas-de-Calais, la désindustrialisation n’est pas une abstraction : elle fait partie de l’histoire de milliers de familles, qui se sentent abandonnées et doutent de l’État comme des élus locaux.

Qu’une usine vacille, et des centaines d’emplois, des sous-traitants, des commerces, des services publics sont fragilisés. Tout un territoire peut basculer. Nous le voyons à Arques et dans l’Audomarois, dans le secteur de la verrerie ; nous l’avons vu avec ArcelorMittal. Or une capacité industrielle ne revient pas spontanément une fois disparue : il faut parfois des décennies pour reconstruire.

La désindustrialisation laisse des traces durables : chômage, précarité, perte d’attractivité, de perspectives, de souveraineté.

Nous devons mener la bataille de la production. Produire permet de maintenir l’emploi qualifié, de financer les services publics, de réussir la transition écologique, d’être indépendant et de faire face en cas de crise. La transition écologique nécessitera plus d’industrie, pas moins ; cela suppose déjà de préserver nos capacités productives existantes. Si nous fermons nos usines, ces produits seront fabriqués ailleurs, avec une empreinte carbone plus élevée.

Dans les Hauts-de-France, la réindustrialisation passe par la reconquête des friches industrielles. Certaines accueillent désormais de nouvelles activités liées à la transition écologique et à l’économie circulaire - à Dunkerque, des projets dans les batteries ou l’hydrogène. Rien n’est inéluctable, mais ces réussites restent trop fragiles.

Réindustrialiser, c’est aussi préserver l’existant, protéger les chaînes de sous-traitance et prévenir les chocs énergétiques, en bloquant les prix de l’énergie si nécessaire.

Dans la verrerie, la sidérurgie, la chimie ou la mécanique, les besoins vont augmenter avec la transition écologique. Perdre nos capacités productives serait une erreur stratégique. Derrière chaque site industriel, il y a des salariés, des familles, des communes. La désindustrialisation a un visage, un territoire, des conséquences concrètes. Construisons une politique industrielle qui préserve les savoir-faire, sécurise les emplois et prépare l’avenir.

Cathy Apourceau-Poly

Sénatrice du Pas-de-Calais
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