Monsieur le ministre, nous avons souligné que le printemps industriel avait duré six ans. Mais après avoir été surpris par la crise sanitaire, être de nouveau surpris par la crise en Ukraine puis par celle au Moyen-Orient, cela devient une faute.
Pendant la crise sanitaire, le Président de la République nous avait dit que la France devait reconquérir sa souveraineté et avait annoncé un grand plan dans ce sens. Pourtant, je crains que nous ne soyons encore plus affaiblis qu’avant la crise sanitaire.
Nombre de territoires se sont organisés pour accueillir davantage d’industries, avec les désagréments qui vont avec.
Les grands groupes se sont repliés sur le coeur de leur profitabilité, externalisant certaines activités et exerçant aujourd’hui des pressions délirantes sur leurs PME sous-traitantes.
Enfin, je pense aux salariés qui perdent leur emploi, aux familles déclassées, aux savoir-faire qui disparaissent comme ceux des soudeurs.
Laisser faire le marché est une impasse. Les taux de rentabilité attendus de la production industrielle ne sont pas de mise. Nous devons nous doter d’outils contre des fonds rapaces et prédateurs. Il faut nous doter d’outils pour lutter contre.
Nous avons besoin d’une stratégie et d’une planification industrielles. Pourquoi pas d’un plan Martin !
Les fonds publics - 211 milliards d’euros - doivent permettre d’aider les entreprises - nous ne sommes pas contre - et non pas être utilisés pour augmenter les dividendes.
Avec la crise énergétique, vous demandez aux raffineries de produire plus. Or nous n’en comptons plus que six aujourd’hui en métropole, contre 24 en 1975. Nous aurions dû ne pas nous séparer de tels outils.
Dans cette stratégie, les réformes successives du code du travail ont démuni les salariés d’outils pour se défendre.
Enfin, les tribunaux de commerce - désormais appelés tribunaux des affaires économiques - ne sont pas les bonnes instances pour réfléchir à l’avenir de nos filières.
Les collectivités territoriales ne peuvent pas être les variables d’ajustement.
La sous-compensation de la taxe foncière sur les locaux industriels fait perdre des millions d’euros à Saint-Jouin-Bruneval ou à Gonfreville-L’Orcher dans mon département de Seine-Maritime. C’est un non-sens de pénaliser les communes qui veulent accueillir des projets.
Pour les projets d’EPR, il faut réfléchir aux retombées économiques et réfléchir en bassin d’emplois.