Les chiffres sont connus : 473 000 victimes de violences physiques en 2025 - dont plus de la moitié sont invisibles, car intrafamiliales - et 272 400 victimes de violences conjugales en 2024 - dont 85 % de femmes. Depuis le 1er janvier, 27 féminicides ont déjà été commis ; elles ont été 168 martyres en 2025.
Face à la violence, les réponses doivent être claires : oui, il faut des sanctions - l’impunité ne peut être la règle. Mais il faut aussi réparer, matériellement et moralement. Ne cédons pas à une vision uniquement répressive : l’accumulation de mesures sécuritaires serait une impasse. Les violences du quotidien ont aussi leur origine dans des fragilités sociales, territoriales et humaines.
La prévention est essentielle. Ainsi, le manque de psychiatres et de psychologues est criant, alors qu’il faut investir dans l’accompagnement et proposer un horizon à notre jeunesse. Cela passe aussi par l’égalité femmes-hommes. Les violences sexistes et sexuelles sont invisibilisées.
Prévenir, protéger et accompagner doivent être nos priorités.
La prévention, ce sont des médiateurs dans les transports, des services publics accessibles, de la police de proximité. Il faut aussi redonner à l’école les moyens de remplir sa mission, grâce à des équipes formées à la gestion des conflits et au respect de l’autorité légitime. Nos services publics doivent aussi favoriser la culture, la santé et le sport.
Nous devons construire une politique de territoire. La sécurité, ce ne sont pas toujours plus de caméras et de forces de l’ordre, mais un urbanisme et des transports de qualité, des services publics accessibles, un lien social vivant. Il faut aussi lutter contre les trafics de stupéfiants qui gangrènent les territoires, comme en témoignent les drames récents à Marseille.
La sécurité, droit fondamental, ne se décrète pas ; elle se construit dans la durée. Refuser les simplifications, agir sur les causes profondes, redonner à chacun sa place dans la République, voilà comment faire reculer les violences du quotidien.