Elles ont invoqué les droits humains afin d’envahir des territoires, renverser des régimes et imposer un diktat économique au bénéfice du seul capital : entre 1971 et 2021, les sanctions unilatérales auraient causé 565 000 morts par an, dont la moitié d’enfants.
Dans le nouvel ordre mondial qui se dessine, l’Union européenne assume une stratégie d’accaparement des marchés, des routes commerciales et des matières premières. Ses choix géopolitiques sont dictés non par des principes, mais par la défense des profits. Au Moyen-Orient, elle refuse les sanctions et coopère avec l’État israélien coupable de génocide ; en signant des accords avec le Rwanda, elle se rend complice des crimes commis au Kivu. Elle multiplie les accords de libre-échange qui accentuent le dumping social et captent la valeur au profit des grands groupes et non des travailleurs. Elle contractualise avec l’Inde, au régime de plus en plus autoritaire, tout en menant une politique protectionniste ciblée contre la Chine.
À cet affaiblissement politique marqué par la primeur des intérêts économiques s’ajoute une vassalisation à l’égard des États-Unis. La Commission européenne promet d’accroître ses importations de gaz et de pétrole américain, s’engage à acheter des armements américains... Elle renforce sa participation à l’Otan et fait de la dette publique un levier au service du complexe militaro-industriel. Cette soumission est aussi idéologique : la nomination de commissaires issus de l’extrême droite et le vote du paquet Omnibus marquent un basculement. Le démantèlement du pacte vert traduit la primauté accordée au grand capital, aux intérêts américains et aux Gafam, des centristes aux néofascistes.
Face aux impérialismes, l’Union européenne choisit l’alignement, la réaction, la militarisation et l’austérité. Mais une autre voie est possible, qui supposerait d’inscrire dans les traités européens des droits sociaux contraignants ; d’agir pour les peuples, non pour les intérêts du capital ; de s’endetter pour les services publics, non pour alimenter la course aux armements ; de coordonner toute coopération au respect des droits humains, sociaux et environnementaux. L’Union doit redevenir un espace de coopération, de souveraineté populaire, de justice sociale et de paix. Elle doit choisir le camp des peuples !