La logistique évolue à l’heure du numérique et de l’IA, mais, tant que nous n’aurons pas développé la téléportation, nous aurons besoin de solutions pour transporter des marchandises, dans le respect de l’environnement.
Dans le Pas-de-Calais, la plateforme Delta 3 a été construite sur une ancienne friche minière, en bordure du canal de la Deûle, qui sera bientôt reliée au canal Seine-Nord Europe. Je vous invite, monsieur le ministre, à vous rendre sur place... Il y a vingt-cinq ans, nous pensions faire passer des bâtiments de six à sept mètres de haut ; aujourd’hui, certains font douze mètres !
Nous nous accordons sur la nécessité de soutenir le fret ferroviaire. La décision européenne de démanteler Fret SNCF répond à une logique, celle de la marchandisation de la société : là où il y a un besoin, il y a un marché qui doit générer du profit. Mais cela mène à des dérives. En l’occurrence, les camions sont préférés au fret ferroviaire... Il y a encore quelques mois, lorsqu’une entreprise avait un conteneur à faire transporter par Fret SNCF, bien souvent il était transféré sur Geodis, la filiale de transport routier de la SNCF !
Le Parlement européen a même proposé d’autoriser les méga-camions il y a un an, alors qu’ils sont une véritable aberration écologique, et une concurrence déloyale puisqu’ils ne paient que l’entretien des autoroutes, et non celui des routes départementales, qu’ils préfèrent souvent.
L’ouverture à la concurrence nuit au fret ferroviaire. Les acteurs privés cibleront les lignes les plus rentables. La recherche de rentabilité ne permet pas de répondre aux besoins des usagers.
On le voit : il y a deux visions dans cet hémicycle comme au sein de la commission. Notre groupe considère que le fret ferroviaire ne doit pas être soumis aux lois du marché.
Comment relancer le fret ferroviaire ? D’abord en s’abstenant de lui mettre des bâtons dans les roues !
Nous attendons les conclusions de la grande conférence Ambition France Transports, qui se tiendra à Marseille. Il faudrait plusieurs milliards d’euros par an. Nous, nous savons où les trouver : les fonds autoroutiers. Vous auriez dit que vous pourriez être favorable à y réfléchir... J’espère que votre conviction reste intacte, monsieur le ministre.
Notre groupe plaide pour la nationalisation des autoroutes, les péages étant dès lors consacrés au ferroviaire ; mais on peut aussi envisager de taxer les profits des concessions.
Tout reste à faire. J’espère que les choix qui seront faits lors de l’examen du projet de budget souligneront cette volonté commune de relancer le fret ferroviaire.