Plus largement, ce sont nos services publics qui sont abîmés : les sapeurs-pompiers deviennent les amortisseurs de cette crise. L’explosion des missions de secours d’urgence aux personnes en témoigne, qui représentent plus de 80 % de leur action. Les Sdis sont devenus des maillons essentiels de notre système de santé et de solidarité. Comment les contrats territoriaux d’urgence seront-ils financés ? Des sapeurs-pompiers, professionnels comme volontaires, se désengagent à regret. On ne peut leur demander de compenser les défaillances du système de santé, de l’aménagement du territoire et le recul des services publics.
Quel paradoxe : d’un côté, on reconnaît leur engagement, de l’autre, on organise leur épuisement. La baisse de 30 % du nombre de centres d’incendie et de secours entre 2000 et 2020 a des conséquences directes sur l’engagement.
Il est urgent d’agir. D’abord, en concrétisant les engagements pris. Vous vous êtes félicité de la réalisation des contrats capacitaires, mais il faut accélérer pour certains équipements.
Le financement des Sdis repose sur les collectivités, alors qu’ils remplissent une mission régalienne. Ce modèle atteint ses limites.
Les missions s’élargissent, notamment en raison du dérèglement climatique. La hausse du taux de cotisations auprès de la CNRACL pèse lourdement sur le budget des Sdis. Pourquoi ne pas solliciter la solidarité nationale ?
Un consensus semble se dessiner sur des réponses fiscales - TSCA, taxe additionnelle à la taxe de séjour... -, mais rien n’avance. Les feux sont au vert : n’attendons plus, au risque de fragiliser le système.